lundi, 26 décembre 2005

Les Séniors et l'informatique

medium_helene_internaute_90_ans.jpgDepuis plusieurs jours je songeais à créer de nouvelles catégories pour enrichir le contenu de ParisZine. Entre autre, je me disais qu'il manquait une rubrique "Séniors". Et là, conjonction d'étoiles, Monique l'une des lectrices du blog, m'envoie précisément une information concernant les plus âgés ! J'ai donc le plaisir de vous annoncer l'ouverture officielle de la catégorie "Séniors" en vous présentant une initiative citoyenne qui a vu le jour récemment dans le 11ème arrondissement !

L'association E-Séniors propose à son public une initiation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les objectifs de l'association sont multiples : Réduire la fracture numérique entre générations ; désenclaver les seniors de leur situation d’isolement ; faciliter l’accès à la formation et à l’information, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour mieux profiter du "temps libre". Et ce avec, tenez-vous bien : Un cyber salon de thé pour les aînés et des solutions pour les personnes à mobilité réduite ! C'est pas beau ça ?

E-séniors propose aussi le "Café des âges" ou des rencontres jeunes/moins jeunes et un projet "Temps de mémoire et mémoires du temps" qui vise à produire un abécédaire des temps de mémoires de nos quartiers. Comme la vie ne manque jamais de nous faire des clins d'oeil, les activités des e-séniors en herbe se passent... à la Maison des Jeunes et de la Culture !

Pour tous ceux qui douteraient de l'existence d'une présence "Séniors" sur la toile, je ne saurais trop vous recommander le blog de Julie 70 "Il y a de la vie après 70 ans" (pour ne citer qu'elle). Ou... (j'espère que vous êtes bien assis devant votre bécane ;-) les Séniors du Périgord qui podcastent !!!

Elle est pas belle la vie ?

Marie C-L

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Renseignements :
Centre d’Animation MJC Mercoeur : 01 49 79 25 54
Association « E-seniors » : 06 24 39 64 34 ou par courriel pour les plus "Geek" des Séniors ;-)
Site Internet : E-seniors.asso.fr

MJC Mercoeur
4, rue Mercoeur
75011 Paris
Métro : Voltaire ou Charonne (Linge 9)

Photo : "Hélène, jeune internaute de 90 ans"... Merci aux Séniors du Périgord !

samedi, 08 octobre 2005

Promenade dans le quartier Léon Blum - Folie Régnault - FIN

Au bout de la rue du Général Guilhem, tourner à droite, vous êtes dans la rue du Chemin Vert. Cette rue occupe l’emplacement d’un petit chemin sinueux et pentu qui conduisait de Paris au village de Ménilmontant en traversant des jardins maraîchers et était bordé d’amandiers. C’était l’un des endroits où Jean Jacques Rousseau aimait à venir se promener et herboriser.

La maison sise au 68 a été habitée successivement par Auguste Broussonnais (1761-1807), un médecin naturaliste qui suppléa Daubenton au Collège de France et à l’Ecole vétérinaire, membre de l’Académie des sciences ; c’est lui qui introduisit en France les premiers moutons mérinos et les chèvres d’Angora. Puis elle fut occupée par Lhéritier de Béruelle, magistrat et botaniste assassiné le 16 avril 1800 devant cette maison.

Enfin, le plus célèbre, Antoine Auguste Parmentier (1737- 1813), un pharmacien militaire pris par l’ennemi qui mis à profit sa captivité en étudiant la pomme de terre qu’il s’efforça de faire connaître et cultiver pour en généraliser l’utilisation pour l’alimentation humaine et non seulement celle du bétail. Il étudia aussi le maïs, la châtaigne, le jus de raisin, le vin, les produits laitiers, etc. Il mourut dans cette maison le 17 décembre 1813. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise près de la tombe d’Alphonse Daudet et des cénotaphes* de La Fontaine et de Molière.

Prenons ensuite à gauche le boulevard Voltaire, cet axe percé par Haussmann est celui qui relie la place de la Nation et son célèbre «Triomphe de la République». Cette œuvre de Jules Dalou présente une République debout sur le Monde posé sur un char, elle est en mouvement, tirée par des lions qui symbolisent le Suffrage Universel chevauché par le Génie du Peuple et encadrée par la Justice, le Travail et suivie par le Liberté et la Prospérité. Face à elle, la place de la République avec sa triste République des frères Morice, engoncée dans ses vêtements, immobile, une représentation d’une conception figée de notre République. C’est le parcours classique des manifs dans un sens ou dans l’autre, avec ses variantes par la Bastille ou qui se prolongent par les Grands Boulevards.

medium_ruecheminvertfermee.jpgAujourd’hui, ce boulevard comme tout le quartier est envahi par les commerces de textile de gros d’une qualité médiocre et par des ateliers plus ou moins clandestins et éphémères, tenus dans leur immense majorité par une population chinoise. Les commerces de proximité qui font vivre et animent un quartier disparaissent, la spéculation augmente. Les CIGALES** et l’ASQP*** y ont organisé et animé, en octobre 2004, en collaboration avec des associations locales et la municipalité du 11ème un marché, EQUITECO, avec des entreprises du commerce équitable, du bio, des logiciels libres, des stands associatifs, des débats, des animations, etc. Ce marché a apporté la preuve que d’autres types de commerces sont possibles portant des valeurs éthiques, sans xénophobie.

A gauche, nous passons ensuite derrière la mairie par la rue Sedaine, un auteur dramatique qui se prénommait Michel (1719-1797). Il a habité non loin de là, rue de la Roquette, son jardin s’étendait jusqu’au 20 de cette rue qui porte aujourd’hui son nom.

Nous rencontrons ensuite l’avenue Parmentier que nous prenons à droite. Au 16 se trouvait l’imprimerie Frémiot. C’est celle-ci qui tira 5 000 affiches en trois couleurs le 6 août 1944 d’un ordre de mobilisation générale, imitant l’avis traditionnel avec deux drapeaux français entrecroisés. Elles seront collées en une nuit, vers le 10 août, par des afficheurs professionnels grévistes depuis le 1er juillet. Ils refusaient de coller les affiches de la collaboration et de l’occupant. Certains d’entre eux ont rejoint le maquis FTP.

Ainsi s’achève notre promenade dans le quartier Léon Blum – Folie Régnault…

© Yves Barnoux

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[1] Cénotaphe : Se dit d'un tombeau vide, érigé en hommage à une personne enterrée en d'autres lieux.

[2] CIGALES : Clubs d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l'Epargne Solidaire. Cette association vise à mettre l'épargne solidaire au service du développement local.
Site Internet : www.cigales.asso.fr

[3] L'ASQP : Agir Solidairement pour le Quartier Popincourt, association pour l’amélioration de l’environnement dans le quartier Popincourt, notamment à travers le respect des règles d’urbanisme et une politique active de rediversification économique. 42, rue Bréguet 75011 - Tél : 01 48 05 44 52 -


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Photo 1 : Portrait d'Antoine Auguste Parmentier.

Photo 2 : La rue du Chemin Vert un samedi après-midi de mai 2005, alors que les boutiques de gros sont fermées.

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Lire la 1ère partie de la promenade.

Lire la 2ème partie de la promenade.

Lire la 3ème partie de la promenade.

Lire la 4ème partie de la promenade.

Lire la 5ème partie de la promenade.

Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.

mercredi, 17 août 2005

Promenade dans le quartier Léon Blum - Folie Régnault - 5ème partie

medium_alainfournier1905.jpgRegagnons de nouveau la rue Léon Frot et passons devant le collège Alain Fournier (ci-contre) qui porte le nom de l’auteur du Grand Meaulnes dont nous avons déjà parlé en passant rue de la Roquette. Une plaque, à l’intérieur, rappelle que ce collège a été fondé grâce à une donation de la veuve de Ledru Rollin (1807-1874) [1].

Après avoir traversé la rue de la Roquette prendre la rue Servan, entrer dans le jardin et le traverser pour rejoindre la rue Merlin et descendre la rue Duranti. Au numéro 5 se trouve le conservatoire Charles Munch. A cet emplacement s’élevait le Dépôt Général du Crédit Municipal appelé aussi «Chez ma tante».

Dirigeons-nous maintenant vers l’avenue de la République en passant par la rue Servan et descendons la rue Saint Hubert. Le 3 est occupé par un «restaurant café librairie», La Passerelle. Les fondateurs racontent :

medium_lapasserelle.gif«Ce lieu a d’abord été un atelier de réparation de moulins et de machines à café. Le quartier a toujours été composé de petits ateliers. Avant notre reprise il y a 2 ans, c’était un café, ou plutôt un salon de thé, il s’appelait L’asile, ouvert vers 17 heures et ne proposant que quelques tartes sucrées et salées, plus quelques boissons. En fait c’est l’ancien propriétaire qui a créé le fond que vous avez sous les yeux, l’idée des canapés, lieu fait de bric et de broc. Nous avons créé la librairie, donné une unité de ton en mettant des tissus sur les canapés, mis des vraies tables pour dîner et surtout nous avons donné une identité à ce lieu. La Passerelle donne la possibilité le mardi et le mercredi soir, à des associations de pouvoir s’exprimer à travers des documentaires, des réunions-débats, etc. Le vendredi et le samedi soir, c’est plus le côté rentable de l’affaire, mais aussi convivial d’un café, d’une librairie et sans oublier les expos qui changent toutes les trois semaines… Et surtout nous, les fous qui croyons que la vie peut être différente grâce à des rapports humains normaux, à la gentillesse, la convivialité, l’entraide.»

Avant de quitter La Passerelle et la rue Saint Hubert, il faut dire que cette partie du 11ème était dédiée au travail du métal et à la mécanique de précision par opposition à la partie sud vers le faubourg Saint Antoine qui doit sa réputation au bois et aux meubles fabriqués par ses ébénistes, nous en reparlerons plus loin. Dans cette rue se trouvait par exemple jusque dans les années 60 la Fonderie Derdinger qui, entre autre, a réalisé toute la lustrerie de bronze de la cathédrale de Lisieux.

medium_anglestmaurcheminvert.gifPrenons à présent la rue Saint Maur sur la gauche. C’était la rue qui menait de l’abbaye de Saint Maur des Fossés (94 Val de marne) à celle de Saint Denis (93 Seine St Denis). Aujourd’hui ce chemin suit dans Paris successivement et d’est en nord : rue de Picpus, rue des Boulets, rue Léon Frot, rue St Maur, rue Juliette Dodu, etc. Le 75 de la rue Saint Maur a été occupé par l’Atelier corporatif d’armes qui a été remis en route par une coopérative ouvrière après l’abandon par leur parton. L’un des coopérateurs, l’ouvrier mécanicien Augustin Avrial, élu du 11ème arrondissement, deviendra directeur de l’artillerie de la Commune (1871).

Prendre à droite la rue Lacharrière, qui porte le nom du Général Ladroit de la Charrière (1806-1870) mort à la bataille de Champigny. Nous arrivons au square Maurice Gardette qui occupe l’emplacement de l’ancien abattoir de Ménilmontant. Passons ensuite dans la rue du Général Guilhem, autre militaire, Victor Guilhem (1815-1870) a été tué à la bataille de Chevilly. Au 26 de la rue se trouve la maison où est né Monseigneur Maillet (1896-1963) fondateurs des Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

… à suivre…

© Yves Barnoux


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[1] Ledru Rollin : On peut dire de lui, entre autres choses, qu'il fut avocat au barreau de Paris, il se signala par ses plaidoyers en faveur des journalistes républicains. Elu député du Mans en 1841, il siégea à l’extrême-gauche. Il publia en 1846 un manifeste dans lequel il réclamait le suffrage universel.


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Photo 1 : Portrait d'Alain Fournier (1905).
Photo 2 : Salle du premier étage du restaurant café La Passerelle.
Photo 3 : Angle des rues Saint Maur et Chemin Vert.

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Lire la 1ère partie de la promenade.

Lire la 2ème partie de la promenade.

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Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.

dimanche, 14 août 2005

Photographies du 11ème arrondissement

medium_tagerprostjuil2005.jpg Merci à Cécile, une de nos lectrices, de nous avoir signalé le blog de Jules Lavie, un blogueur du 11ème qui mérite que l'on fasse un détour par chez lui. Le regard de Jules sur l'arrondissement est tendre et perspicace. Il ne manque pas de talent notre photographe local !

Ci-dessus, Jules flashe un 'tagueur' à l'oeuvre dans le futur jardin de la Cité Prost qui compte désormais une nouvelle fresque réussie et colorée. Vous pouvez aller la voir rue de Chanzy, elle se trouve à l'entrée du terrain vague, sur le premier mur de gauche depuis quelques semaines seulement. Vous trouverez d'autres prises de vue des artistes à l'oeuvre sur le blog de Jules qui semble avoir pour sa part, l'art d'être là au bon moment !

Je profite de l'occasion pour vous signaler que les préparatifs en vue des travaux d'aménagement de la Cité Prost ont commencé. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article paru le 14 mai 2005 dans ParisZine à ce sujet.

Bonnes visites :-)

Marie Corceiro-Leal

lundi, 08 août 2005

Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 4ème partie

medium_textepeintausol.gifNous empruntons à présent la cité Phalsbourg, toute nouvelle avec son petit jardin et prenons sur quelques dizaines de mètres le boulevard Voltaire pour rejoindre la rue de Charonne, au niveau du métro Charonne. Là vous pouvez descendre dans le métro, devant le guichet sur le pilier se trouve la plaque qui rappelle le 8 février 1962 [1]. Après les attentats de l’O.A.S. [2], les partis de l’opposition de gauche, les syndicats ouvriers (à l’exception de FO, des associations, etc.) appellent à des manifestions qui convergent vers la place de la Nation. La charge des policiers au moment de la dislocation est extrêmement brutale et inattendue, sous les matraquages sauvages les manifestants tentent de fuir, certains tombent dans les escaliers du métro, d’autres y basculent, s’y étouffent, tandis que la police jette sur eux les grilles d’arbres en fonte. Il y aura neuf tués qui seront enterrés au Père Lachaise lors d’une manifestation monstre.

medium_citeducouvent.jpgPar la sortie du métro qui donne vers la rue Jules Vallès, continuons ensuite à descendre la rue de Charonne. Aux numéros 95 à 99 se trouvait le couvent de Notre Dame de Bon Secours, prieuré des bénédictines de 1648 à 1790 ; il fut occupé en 1802 par la première filature de coton installée en France par Richard et Lenoir. Richard mourût pauvre en 1839, ses anciens ouvriers voulurent que son convoi passe dans la rue de Charonne et s’arrête devant les ateliers fermés.

En face, au numéro 100 s’élevait le prieuré de la Madeleine de Traisnel. Il avait été fondé en 1654 pour des religieuses bénédictines, il fut détruit en partie en 1857 lors du percement du boulevard, des artisans transformèrent les bâtiments restant en ateliers. medium_palaisdelafemme02.gifAux numéros 94 à 98 avait été créé, en 1641, le couvent des dominicaines des filles de la Croix qui eu pour prieure Catherine de Cyrano, tante de Cyrano de Bergerac. Les religieuses furent expulsées en 1792, elles le réintégrèrent en 1825 mais de nouveau en furent chassées en 1904. Le couvent détruit en 1906 a été remplacé par un hôtel populaire construit en 1912 et acheté en 1926 par l’Armée du Salut qui après transformation en fit le «Palais de la Femme» [3].

medium_gymnasejapy.gifJuste en face de ce bâtiment, prenons à présent la rue Richard Lenoir et rejoignons la rue Gobert et la rue Japy jusqu’au gymnase Japy. Ce gymnase n’est pas seulement un lieu de compétitions sportives, il a été aussi un haut lieu ouvrier et politique. En décembre 1899, au moment de l’affaire Dreyfus s’y tient un congrès général des organisations socialistes pour tenter de les unifier, c’est à cette occasion que l’Internationale y devint l’hymne du mouvement ouvrier français, écrite par Eugène Potter sous la Commune et mise en musique par Pierre De Geyter en 1888. Dans ce lieu se tint, en avril 1920, le 3ème congrès de la Fédération des Chemins de Fer qui permis, à l’occasion du 1er mai suivant, l’appel à la grève générale illimitée pour imposer la nationalisation des chemins de fer.

C’est aussi dans ce gymnase que Marcel Cachin, dirigeant communiste, déclara le 7 mars 1925 : «Il ne faut pas que la femme subisse deux patrons : son employeur et son mari». [Ndlr : Clap ! Clap ! Clap ! ;-)]

C’est également un lieu de mémoire car le 14 mai 1941 des milliers de juifs de l’Est de Paris y ont été parqués avant d’être envoyés dans les camps de concentration dont beaucoup ne reviendront pas.

... à suivre...

© Yves Barnoux

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[1] La manifestation du 8 février 1962 : A l'appel du PSU et du PC, une manifestation pour la paix en Algérie et contre l'OAS est organisée à Paris autour de la place de la Bastille et de la place de la République. Prévue depuis une semaine, le rassemblement est interdit par le préfet de Police, Maurice Papon. Outre les 9 morts (dont un adolescent de 15 ans), on dénombrera des centaines de blessés.

Sur le site de L'Humanité, deux témoins racontent...

[2] L'O.A.S. : Quatre généraux à la retraite (Challe, Zeller, Jouhaud et Salan) et quelques colonels prennent le pouvoir à Alger en 1961 afin de s'opposer à l'émancipation de l'Algérie. Ils ne parviennent cependant pas à rallier l'armée d'Algérie. Le président de Gaulle interdit à tous français d'exécuter leurs ordres. Les généraux seront arrêtés et les partisans acharnés de l'Algérie française entreront dans l'OAS (Organisation de l'armée secrète) qui cessera d'exister avant l'indépendance algérienne en 1962.

[3] Le Palais de la Femme : Ce lieu est destiné à l'accueil des jeunes filles et femmes seules et vise à leur offrir un lieu sûr. Ses 630 chambres ont cependant bien vieilli et des travaux de réhabilitation devrait être en cours actuellement pour permettre d'en augmenter le confort.

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Photo 1 : Détail d'un texte peint sur un trottoir parisien.
Photo 2 : Vue intérieure des immeubles sis Cité du couvent rue de Charonne.
Photo 3 : Détail Palais de la Femme (Juin 2005).
Photo 4 : Le Gymnase Japy (Mai 2005).

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Lire la 1ère partie de la promenade.

Lire la 2ème partie de la promenade.

Lire la 3ème partie de la promenade.

Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.

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dimanche, 31 juillet 2005

Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 3ème partie

medium_metrodumas.gifNous tournons ensuite dans la rue de la Folie Méricourt en passant par la rue du Mont-Louis pour rejoindre le carrefour Ménilmontant - Philippe Auguste - Charonne. En prenant à droite nous arrivons au boulevard de Charonne que nous continuons jusqu'à la station de métro Alexandre Dumas, auteur des Trois Mousquetaires entre autres. Cette station de la ligne 2, en pur style d'Hector Guimard dit moderne style, s'appelait primitivement Bagnolet ce qui était matière à confusion ; son nom a été changé en 1970.

Là, nous tournons à droite dans la rue de Charonne, après avoir longé la piscine, nous arrivons au 177 et à l'église du Bon Pasteur. En 1871, après la Commune, de nombreux ouvriers étant morts, emprisonnés ou bannis, les ébénistes du faubourg Saint Antoine font venir des ouvriers de Belgique.medium_eglisebonpasteur_interieur.gif L'évêché de Gand acquiert un terrain et y construit une église néo-gothique qui, pour le quartier, sera l'église des Flamands. En 1905 elle restera sa propriété mais en 1926, il en fera don à l'Eglise de Paris qui la remettra au Père Jean Anizan, fondateur des fils de la Charité. Celui-ci y sera enterré et sa congrégation y demeurera jusqu'en 1962. La nouvelle équipe de prêtres décide de raser les bâtiments vétustes et de construire en 1972-1973 un ensemble immobilier, oeuvre de l'architecte Bernard Casnin, comprenant l'église actuelle, des HLM pour les mal-logés du quartier, l'espace santé de Charonne et des locaux culturels : l'AGECA [1], association pour la gestion d'un centre d'animation culturelle, qui depuis 1974 est au service de la vie associative et de son développement.

Nous descendons à présent la rue de Charonne, traversons l'avenue Philippe Auguste. medium_cliniquebelhomme.gifL'immeuble du 159 se trouve à l'emplacement de la maison de santé du docteur Jacques Belhomme (1737-1824), qu'il ouvrit en 1769 pour soigner les aliénés [2]. Pendant la Révolution, il y hébergea quelques riches suspects mais ceux-ci devenant de plus en plus nombreux, il acheta l'Hôtel de Chabanais mitoyen et réunit les deux ; ainsi ceux qui pouvaient payer échappèrent à la guillotine. Cet établissement exista jusqu'au début des années 70, il reste quelques beaux arbres et au fond du jardin un petit pavillon du 18ème siècle. L'ensemble immobilier construit à partir de 1972 a pris le nom des Jardins de Colbert.

Ensuite nous sortons par la rue des Carrières Mainguet pour rejoindre la rue Léon Frot (1900-1942) qui porte le nom d'un conseiller municipal communiste. Il habitait au 53-55, il fut pris en otage le 15 novembre 1939 et fusillé par les Allemands le 13 janvier 1942. Au 42 de la rue se trouve le siège de l'association des vignerons de Paris dans le bar à vin sur la façade duquel court la vigne qui tous les débuts septembre donne lieu à une vendange et à une fête !

... à suivre...

© Yves Barnoux

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[1]AGECA : C'est une association incontournable dans notre arrondissement. Une série de reportage sur ses activités et son histoire est en cours et sera mise en ligne prochainement. L'AGECA est une association pour la gestion d'un centre d'animation culturelle depuis 1974. Elle est au service de la vie associative et de son développement. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'histoire de ce lieu, vous pouvez demander la plaquette réalisée pour l'anniversaire de ses 30 ans l'an passé.

[2] Jacques Belhomme : Il n'est pas le docteur que l'on croit mais un menuisier opportuniste qui, après avoir vu l'intérêt d'élever le fils simple d'esprit d'un noble des environs, décide d'ouvrir une pension spécialisée. Son commerce de la mort à l'époque de la Révolution lui vaudra tout de même d'être incarcéré à son tour dans une "pension", celle de Picpus, où se trouvait également Sade. Il n'échappera à une condamnation que grâce à la chute du régime de La Terreur.

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Lire la 1ère partie de la promenade.

Lire la 2ème partie de la promenade.

Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.

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Photo 1 : La station de métro Alexandre Dumas (29 juillet 2005).
Photo 2 : L'intérieur de l'église du Bon Pasteur (29 juillet 2005).
Photo 3 : Ce qui reste aujourdh'ui des bâtiments qui abritaient la clinique du Dr Belhomme.

vendredi, 29 juillet 2005

Restaurants : Paris - Hanoï

medium_paris-hanoi.gif

La réputation de "notre cantine chinoise" comme l'appelle certains habitués n'est plus à faire. Il n'est pas rare de devoir faire la queue pour y trouver une place. Cela fait, comme qui dirait, partie du rituel quand on vient y manger. Paris-Hanoï c'est de la vraie cuisine maison, faite sous nos yeux, sans glutamate (enfin !), copieuse et... pas chère. On peut s'y restaurer pour 7 ou 8 €, voire moins pour les appétits de moineau puisque le nem est à 0,80 centimes ! Que demande le peuple ?

Alors, certes la salle est minuscule, les chaises ne sont pas du meilleur confort, mais on vient au Paris-Hanoï pour d'autres choses : le goût de la bonne cuisine, les prix sans concurrence et peut-être aussi pour le décor. Ceux qui ont voyagé dans les contrées lointaines y retrouveront l'ambiance des petits restos d'orient, à la déco kitchissime faite de trois fois rien. Un vrai dépaysement.

Marie Corceiro-Leal

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Paris-Hanoï
74, rue de Charonne
75011 Paris
Tél. 01 47 00 47 59


Métro : Charonne (Ligne 9)
Bus : 76

mardi, 19 juillet 2005

Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 2ème partie

De l'autre côté de la rue de la Roquette, au 164-166, s'élèvent les immeubles où se dressait la Grande Roquette, construite en 1836 par l'architecte François Chrétien Gau, prison pour hommes condamnés à mort ou au bagne. C'est dans celle-ci que furent incarcérés l'archevêque de Paris, Monseigneur Georges Darboy, et cinq prêtres que la Commune voulait échanger contre Auguste Blanqui, mais après le refus des Versaillais, ils furent fusillés dans le chemin de ronde le 24 mai 1871. Cette prison fut détruite en 1900.

medium_guillotineroquette1857.jpg Au débouché de la rue de la Croix Faubin, on remarque cinq grandes dalles de granit rectangulaires qui servaient de soubassement à la guillotine, ce qui valut le nom d'"abbaye au cinq pierres" à cette prison. La macabre machine que les prisonniers appelaient "monte-à-regret" fonctionna à cet endroit de 1853 à 1899, les exécutions étaient publiques, elles avaient lieu au petit matin mais ça ne décourageait pas un public nombreux de s'y presser pour voir mourir quelques gens de grande renommée parmi lesquels les anarchistes Auguste Vaillant, Emile Henry, etc.

Toujours dans cette rue, un peu plus haut, au 151 on remarquera la plaque qui rappelle qu'Hubertine Auclerc, féministe, fondatrice de la société "Le Suffrage des femmes", habita cet immeuble de 1892 à 1914.

La rue Merlin porte le nom de Philippe-Auguste Merlin de Douai (1754-1838) jurisconsulte, qui collabora à la rédaction du Code pénal, il fut membre du Directoire.

Remontons la rue du Chemin Vert et prenons le boulevard de Ménilmontant, au 55 de ce boulevard se trouve Notre Dame du Perpétuel Secours, construite en 1896 en style néo-gothique sur l'emplacement de la petite chapelle Saint Hyppolite, cette église a été consacrée le 9 juin 1966 et élevée au rang de basilique le 25 juin de la même année par le pape Paul VI. Le boulevard a remplacé le mur des Fermiers Généraux constuit par Claude Nicolas Ledoux entre 1784 et 1787. Ce mur d'octroi qui permettait de faire payer des taxes aux marchandises qui entraient dans paris a tout de suite été très impopulaire, ce qui a fait dire que "le mur murant Paris rend Paris murmurant". Il isolait Paris des villages voisins qui furent annexés en 1860. Ledoux avait établi 55 propylées aux portes d'entrée ; il ne reste aujourd'hui que celles du Trône, place de la Nation, de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad, de Monceau, à l'entrée du parc, et d'Enfer, place Denfert-Rochereau.

Ensuite, redescendons vers la rue de la Roquette, là où elle débouche face à l'entrée principale du Père-Lachaise, à l'emplacement de la barrière de la Folie-Régault. N'oublions pas que la rue de la Roquette est la montée au Père-Lachaise depuis la Bastille et qu'elle fut empruntée par les cortèges qui ont accompagnés à leur dernière demeure des grands hommes plus ou moins illustres : Auguste Blanqui (1881), Jules Vallès (1885), Eugène Pottier (1887), Emile François Eudes (1888), Félix Pyat (1889), etc. Et plus près de nous des gens aussi différents que Pierre Goldman, Achille Zavatta (1993)...

Au 196, nous trouvons une cité artisanale joliment réhabilitée dans les années 80 qui a été constuite à l'emplacement d'un pensionnat, détruit en 1914. C'est chez la directrice de celui-ci, amie de ses parents, que logea de 1898 à 1901 lorsqu'il était élève du lycée Voltaire, le romancier Alain Fournier (1886-1914), auteur du grand Meaulnes, écrit en 1913.

... à suivre...

© Yves Barnoux

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Lire le premier épisode de la promenade.

Le plan de la promenade à copier et imprimer.

[Illustration : Guillotine de la Roquette en 1857 - Merci à Metaphor pour cette photographie]

dimanche, 17 juillet 2005

Vie et histoire du XIème arrondissement

Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'un livre que je viens d'ajouter à la "Bibliothèque ParisZine" : "Vie et histoire du XIème arrondissement", un indispensable pour tout fan de l'arrondissement qui se respecte.

 

Eclectique sans être superficiel, cet ouvrage nous promène au fil des siècles des plaisirs de la Courtille aux bals de la rue de Lappe, ou nous invite à une traversée des faubourgs qui ont fait la réputation de nos rue gouailleuses : le faubourg Saint-Antoine, la fontaine de la Petite Halle à la place de la Nation, l'incontournable rue de la Roquette, la place de la Bastille (la Bastoche pour les intimes), le square Maurice Gardette... Une bien agréable façon de faire de l'histoire !

 

Marie Corceiro-Leal


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"Vie et histoire du XIème arrondissement"
Dominique Leborgne et Danièle Chadych
Editions Hervas

[Collection dirigée par Jean Colson assisté de Marie-Christine Bellanger]
(ISBN : 78 2 903118 27 2)

samedi, 16 juillet 2005

Conseil de la Citoyenneté des parisiens non communautaires

Dans le cadre des articles mis en ligne pour vous renseigner sur les différentes instances de la démocratie participative, je vous propose aujourd'hui de découvrir le Conseil de la Citoyenneté des parisiens non communautaires. Cette instance peut intéresser particulièrement les habitants du 11ème, un arrondissement de Paris riche en mixité culturelle et ethnique.


La Mairie de Paris a lancé ces derniers mois un appel à candidature à l'occasion du prochain renouvellement du Conseil de la Citoyenneté des parisiens non communautaires, appel qui s'est clos le 8 juillet dernier.

 

Qu'est-ce que ce Conseil de la Citoyenneté ?

Il a été installé le 12 Janvier 2002 et permet à 170 000 parisiennes et parisiens âgés de plus de 20 ans, exclus du droit de vote, de s'exprimer. Il a pour mission de donner des avis sur toutes les questions intéressant la vie à Paris et pour vocation première d'être un outil de participation des habitants au service des parisiens et de la démocratie locale.

Ce conseil, présidé par le Maire de Paris est composé de 60 hommes et 60 femmes (90 titulaires et 30 suppléants) non ressortissants de pays appartenant à l'Union Européenne, désignés sur une base paritaire, en tenant compte de la diversité des zones géographiques d'origine, des arrondissements de résidence et des milieux socioprofessionnels.

Le bureau du conseil est composé de 13 membres, élus chaque année.
Le Conseil dispose d'un budget annuel de 76 000 euros.

Il comprend 8 commissions thématiques (accès aux droits fondamentaux, affaires sociales, coopération internationale, développement économique et formation, information et communication, jeunes culture et éducation, qualité de vie, égalité femmes hommes) dont les travaux et leur synthèse permet l'élaboration du rapport annuel au Conseil de Paris (Consulter le 1er rapport présenté le 28 Avril 2003).

Ce premier Conseil regroupait des conseillers issus de 36 nationalités hors communauté européenne.

 

Quels sont les critères d'éligibilité ?

- Résider à Paris au moins depuis le 31 décembre 2003.

- Etre majeur.

- Ne pas posséder la nationalité française ni celle d'un Etat membre de l'Union Européenne, ni la double nationalité avec des Etats membres de l'Union Européenne.

- Les travaux du Conseil s'effectuant en français, il faut pouvoir s'exprimer dans cette langue.

- Les candidatures doivent être accompagnée d'une lettre de motivation et d'un curriculem vitae, ainsi que d'une attestation sur l'honneur indiquant que le candidat respecte les critères obligatoires énoncés ci-dessus.


Démocratisez bien !

 

Marie C-L

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