vendredi, 03 février 2006
Les vitraux du Père Lachaise
Stéphane Grangier, photographe, s'est pris de passion pour une démarche esthétique inattendue : les vitraux du Père Lachaise. Ces jeux de lumière, de matière et d'étrange reviennent sur l'ensemble de sa production. Son travail a déjà été retenu pour passer devant la commission des Transphotographiques de Lille. Une exposition dans notre arrondissement ou dans le 20ème ne serait-elle pas la bienvenue ? Si d'aventure des organisateurs sont tentés par cette belle démarche, vous pouvez contacter Stéphane Grangier à l'adresse suivante : #stefgrangier#@hotmail.com (N'oubliez pas d'enlever les dièses, mesure anti-spam !). Vous pouvez aussi écrire à la rédaction pour obtenir son numéro de téléphone.
Marie Corceiro-Leal
--> Vous pouvez consulter 18 de ses images sur le site www.centre-iris.fr (rubrique "Photographes" puis "Stéphane Grangier").
Photo : Vitraux 01711 - © Stéphane Grangier. Je rappelle aux lecteurs que Stéphane Grangier nous fait l'amitié de prêter cette photo (et quelques autres à paraître ultérieurement). Toutefois, cette image comme les suivantes ne sont pas libres de droit. [Vous pouvez comme souvent cliquer sur la photo pour l'agrandir]
14:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Paris 11ème, Paris 20ème, Père Lachaise, vitraux, photographies, Stéphane Grangier
samedi, 08 octobre 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum - Folie Régnault - FIN
Au bout de la rue du Général Guilhem, tourner à droite, vous êtes dans la rue du Chemin Vert. Cette rue occupe l’emplacement d’un petit chemin sinueux et pentu qui conduisait de Paris au village de Ménilmontant en traversant des jardins maraîchers et était bordé d’amandiers. C’était l’un des endroits où Jean Jacques Rousseau aimait à venir se promener et herboriser.
La maison sise au 68 a été habitée successivement par Auguste Broussonnais (1761-1807), un médecin naturaliste qui suppléa Daubenton au Collège de France et à l’Ecole vétérinaire, membre de l’Académie des sciences ; c’est lui qui introduisit en France les premiers moutons mérinos et les chèvres d’Angora. Puis elle fut occupée par Lhéritier de Béruelle, magistrat et botaniste assassiné le 16 avril 1800 devant cette maison.
Enfin, le plus célèbre, Antoine Auguste Parmentier (1737- 1813), un pharmacien militaire pris par l’ennemi qui mis à profit sa captivité en étudiant la pomme de terre qu’il s’efforça de faire connaître et cultiver pour en généraliser l’utilisation pour l’alimentation humaine et non seulement celle du bétail. Il étudia aussi le maïs, la châtaigne, le jus de raisin, le vin, les produits laitiers, etc. Il mourut dans cette maison le 17 décembre 1813. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise près de la tombe d’Alphonse Daudet et des cénotaphes* de La Fontaine et de Molière.
Prenons ensuite à gauche le boulevard Voltaire, cet axe percé par Haussmann est celui qui relie la place de la Nation et son célèbre «Triomphe de la République». Cette œuvre de Jules Dalou présente une République debout sur le Monde posé sur un char, elle est en mouvement, tirée par des lions qui symbolisent le Suffrage Universel chevauché par le Génie du Peuple et encadrée par la Justice, le Travail et suivie par le Liberté et la Prospérité. Face à elle, la place de la République avec sa triste République des frères Morice, engoncée dans ses vêtements, immobile, une représentation d’une conception figée de notre République. C’est le parcours classique des manifs dans un sens ou dans l’autre, avec ses variantes par la Bastille ou qui se prolongent par les Grands Boulevards.
Aujourd’hui, ce boulevard comme tout le quartier est envahi par les commerces de textile de gros d’une qualité médiocre et par des ateliers plus ou moins clandestins et éphémères, tenus dans leur immense majorité par une population chinoise. Les commerces de proximité qui font vivre et animent un quartier disparaissent, la spéculation augmente. Les CIGALES** et l’ASQP*** y ont organisé et animé, en octobre 2004, en collaboration avec des associations locales et la municipalité du 11ème un marché, EQUITECO, avec des entreprises du commerce équitable, du bio, des logiciels libres, des stands associatifs, des débats, des animations, etc. Ce marché a apporté la preuve que d’autres types de commerces sont possibles portant des valeurs éthiques, sans xénophobie.
A gauche, nous passons ensuite derrière la mairie par la rue Sedaine, un auteur dramatique qui se prénommait Michel (1719-1797). Il a habité non loin de là, rue de la Roquette, son jardin s’étendait jusqu’au 20 de cette rue qui porte aujourd’hui son nom.
Nous rencontrons ensuite l’avenue Parmentier que nous prenons à droite. Au 16 se trouvait l’imprimerie Frémiot. C’est celle-ci qui tira 5 000 affiches en trois couleurs le 6 août 1944 d’un ordre de mobilisation générale, imitant l’avis traditionnel avec deux drapeaux français entrecroisés. Elles seront collées en une nuit, vers le 10 août, par des afficheurs professionnels grévistes depuis le 1er juillet. Ils refusaient de coller les affiches de la collaboration et de l’occupant. Certains d’entre eux ont rejoint le maquis FTP.
Ainsi s’achève notre promenade dans le quartier Léon Blum – Folie Régnault…
© Yves Barnoux
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[1] Cénotaphe : Se dit d'un tombeau vide, érigé en hommage à une personne enterrée en d'autres lieux.
[2] CIGALES : Clubs d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l'Epargne Solidaire. Cette association vise à mettre l'épargne solidaire au service du développement local.
Site Internet : www.cigales.asso.fr
[3] L'ASQP : Agir Solidairement pour le Quartier Popincourt, association pour l’amélioration de l’environnement dans le quartier Popincourt, notamment à travers le respect des règles d’urbanisme et une politique active de rediversification économique. 42, rue Bréguet 75011 - Tél : 01 48 05 44 52 -
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Photo 1 : Portrait d'Antoine Auguste Parmentier.
Photo 2 : La rue du Chemin Vert un samedi après-midi de mai 2005, alors que les boutiques de gros sont fermées.
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Lire la 1ère partie de la promenade.
Lire la 2ème partie de la promenade.
Lire la 3ème partie de la promenade.
Lire la 4ème partie de la promenade.
Lire la 5ème partie de la promenade.
Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.
12:00 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
samedi, 01 octobre 2005
Les Dames du Faubourg
Jean Diwo est un enfant du Faubourg Saint Antoine et il doit l'aimer son terroir pour en parler si bien ! Avec "Les Dames du Faubourg" (*), il nous emmène aux origines de cette grande artère parisienne et des quartiers avoisinants, aux temps reculés et bienheureux où tout ici n'était que champs et maisons d'artisans jouxtant l’Abbaye de Saint-Antoine-des-Champs. Nous sommes en 1471, Jean Cottion est un jeune compagnon de 22 ans. Il espère achever son tour de France chez un maître du bois, Pierre Thirion, qui vit aux abords de Paris sur la route de l’Est, cette grande artère qui relie Epernay à la capitale…
Les passionnés d’Histoire seront sous le charme, les amoureux des arts décoratifs et du mobilier seront comblés. Ce roman est un trésor d’érudition en la matière, et on suit émerveillé les circonstances (imaginaires) qui conduisent les artisans du bois à inventer des modes nouvelles. Les plus littéraires regretteront sans doute que les personnages soient un peu lisses. On a peine à croire que pendant la persécution des protestants, aucun des habitants n’aient eu de hargne à l’égard des immigrés allemands ; ou encore que toute la lignée des Cottion-Thirion soit composée exclusivement de personnalités charmantes. Mais qu’importe, le plaisir de voir le Faubourg se construire au fil des siècles mérite à lui seul que l’on plonge à la rencontre des Dames du Faubourg !
Marie Corceiro-Leal
"Les dames du faubourg" - Jean Diwo -
- Editions Folio - ISBN : 2070378349
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(*) Les Dames du Faubourg sont en fait les abbesses successives qui ont eu en charge la gestion de l’abbaye de Saint-Antoine-des-Champs et sous l’égide desquelles ont travaillé de nombreuses générations d’artisans. L'abbaye fut fondée au 12è siècle. Elle était située à l'emplacement de l'actuel hôpital Saint-Antoine. Les quartiers des artisans du bois ainsi que d'autres corporations se sont développés aux alentours, au nord de l'actuel 12ème arrondissement et au sud de ce qui est aujourd'hui notre 11ème arrondissement.
NB : Ce roman est suivi de deux autres tomes, "Le lit d'acajou" et "Le génie de la Bastille" que je ne manquerai pas de vous présenter... dès que je les aurais lus ;-) Ils couvrent la période qui va de la Révolution française au début du XXème siècle.
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dimanche, 21 août 2005
La parole est aux mains
Le 11ème arrondissement est riche d'une multitude d'artisans qui souvent se transmettent de génération en génération les techniques et les connaissances de leur art. Ils exercent, dans un passage, une cour ou au fond d'une impasse, un métier inattendu, insolite pour une époque comme la nôtre. Des merveilles sortent de leurs mains.
Ces artisans ont fait l'objet de nombreux articles, parus de 1977 à 1990 dans le journal Paris XI. Ce sont ces témoignages que les auteurs ont rassemblés dans ce livre. Ils constituent une mémoire de nos quartiers. Ils sont une richesse à partager avec les nouveaux habitants et un héritage qui doit rester vivant pour les générations futures.
"La parole est aux mains des artisans du XIème arrondissement" - Préface de Georges Coulonges - Editions Les amis du Journal Paris XI, collection Mémoire - ISBN : 2950819400 -
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[Ndlr : Il y a quelques semaines, il restait encore une petite centaine d'exemplaires de cet ouvrage disponible à l'Ageca 177, rue de Charonne 75011 Paris. Je ne crois pas que vous puissiez le trouver dans le commerce aujourd'hui. ]
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Tags : Artisans, Livres, Paris 11ème arrondissement, Paris
09:20 Publié dans Culture , Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
lundi, 08 août 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 4ème partie
Nous empruntons à présent la cité Phalsbourg, toute nouvelle avec son petit jardin et prenons sur quelques dizaines de mètres le boulevard Voltaire pour rejoindre la rue de Charonne, au niveau du métro Charonne. Là vous pouvez descendre dans le métro, devant le guichet sur le pilier se trouve la plaque qui rappelle le 8 février 1962 [1]. Après les attentats de l’O.A.S. [2], les partis de l’opposition de gauche, les syndicats ouvriers (à l’exception de FO, des associations, etc.) appellent à des manifestions qui convergent vers la place de la Nation. La charge des policiers au moment de la dislocation est extrêmement brutale et inattendue, sous les matraquages sauvages les manifestants tentent de fuir, certains tombent dans les escaliers du métro, d’autres y basculent, s’y étouffent, tandis que la police jette sur eux les grilles d’arbres en fonte. Il y aura neuf tués qui seront enterrés au Père Lachaise lors d’une manifestation monstre.
Par la sortie du métro qui donne vers la rue Jules Vallès, continuons ensuite à descendre la rue de Charonne. Aux numéros 95 à 99 se trouvait le couvent de Notre Dame de Bon Secours, prieuré des bénédictines de 1648 à 1790 ; il fut occupé en 1802 par la première filature de coton installée en France par Richard et Lenoir. Richard mourût pauvre en 1839, ses anciens ouvriers voulurent que son convoi passe dans la rue de Charonne et s’arrête devant les ateliers fermés.
En face, au numéro 100 s’élevait le prieuré de la Madeleine de Traisnel. Il avait été fondé en 1654 pour des religieuses bénédictines, il fut détruit en partie en 1857 lors du percement du boulevard, des artisans transformèrent les bâtiments restant en ateliers.
Aux numéros 94 à 98 avait été créé, en 1641, le couvent des dominicaines des filles de la Croix qui eu pour prieure Catherine de Cyrano, tante de Cyrano de Bergerac. Les religieuses furent expulsées en 1792, elles le réintégrèrent en 1825 mais de nouveau en furent chassées en 1904. Le couvent détruit en 1906 a été remplacé par un hôtel populaire construit en 1912 et acheté en 1926 par l’Armée du Salut qui après transformation en fit le «Palais de la Femme» [3].
Juste en face de ce bâtiment, prenons à présent la rue Richard Lenoir et rejoignons la rue Gobert et la rue Japy jusqu’au gymnase Japy. Ce gymnase n’est pas seulement un lieu de compétitions sportives, il a été aussi un haut lieu ouvrier et politique. En décembre 1899, au moment de l’affaire Dreyfus s’y tient un congrès général des organisations socialistes pour tenter de les unifier, c’est à cette occasion que l’Internationale y devint l’hymne du mouvement ouvrier français, écrite par Eugène Potter sous la Commune et mise en musique par Pierre De Geyter en 1888. Dans ce lieu se tint, en avril 1920, le 3ème congrès de la Fédération des Chemins de Fer qui permis, à l’occasion du 1er mai suivant, l’appel à la grève générale illimitée pour imposer la nationalisation des chemins de fer.
C’est aussi dans ce gymnase que Marcel Cachin, dirigeant communiste, déclara le 7 mars 1925 : «Il ne faut pas que la femme subisse deux patrons : son employeur et son mari». [Ndlr : Clap ! Clap ! Clap ! ;-)]
C’est également un lieu de mémoire car le 14 mai 1941 des milliers de juifs de l’Est de Paris y ont été parqués avant d’être envoyés dans les camps de concentration dont beaucoup ne reviendront pas.
... à suivre...
© Yves Barnoux
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[1] La manifestation du 8 février 1962 : A l'appel du PSU et du PC, une manifestation pour la paix en Algérie et contre l'OAS est organisée à Paris autour de la place de la Bastille et de la place de la République. Prévue depuis une semaine, le rassemblement est interdit par le préfet de Police, Maurice Papon. Outre les 9 morts (dont un adolescent de 15 ans), on dénombrera des centaines de blessés.
Sur le site de L'Humanité, deux témoins racontent...
[2] L'O.A.S. : Quatre généraux à la retraite (Challe, Zeller, Jouhaud et Salan) et quelques colonels prennent le pouvoir à Alger en 1961 afin de s'opposer à l'émancipation de l'Algérie. Ils ne parviennent cependant pas à rallier l'armée d'Algérie. Le président de Gaulle interdit à tous français d'exécuter leurs ordres. Les généraux seront arrêtés et les partisans acharnés de l'Algérie française entreront dans l'OAS (Organisation de l'armée secrète) qui cessera d'exister avant l'indépendance algérienne en 1962.
[3] Le Palais de la Femme : Ce lieu est destiné à l'accueil des jeunes filles et femmes seules et vise à leur offrir un lieu sûr. Ses 630 chambres ont cependant bien vieilli et des travaux de réhabilitation devrait être en cours actuellement pour permettre d'en augmenter le confort.
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Photo 1 : Détail d'un texte peint sur un trottoir parisien.
Photo 2 : Vue intérieure des immeubles sis Cité du couvent rue de Charonne.
Photo 3 : Détail Palais de la Femme (Juin 2005).
Photo 4 : Le Gymnase Japy (Mai 2005).
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Lire la 1ère partie de la promenade.
Lire la 2ème partie de la promenade.
Lire la 3ème partie de la promenade.
Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.
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09:10 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
dimanche, 07 août 2005
Mémoire des rues du 11ème arrondissement
Les éditions Parimagine [1] ont agrandi ce printemps leur collection "Mémoire des rues" avec ce volume consacré au 11ème arrondissement. Au fil des pages et des quartiers, pas de palais, de monuments prestigieux ou de bâtiments grandioses, notre 11ème n'était encore qu'une belle campagne au-delà des fossés de la Bastille au XVIIIème siècle ! Les reproductions d'instantanés de la rue ou de cartes postales des années 1900 à 1940 se mêlent, montrent nos boulevards, nos cités, nos rues, souvent reconnaissables et pourtant si différents...
Ce livre vaut essentiellement pour ses images vous l'aurez compris. Très peu de textes en dehors des légendes au-dessous des photographies. Un livre que l'on s'offre pour le plaisir des yeux et de la nostalgie.
L'auteur, Hélène Pouppeville, a toujours vécu Faubourg Saint-Antoine. Elle a choisi de nous faire partager son attachement au 11ème arrondissement, et c'est réussi.
Marie Corceiro-Leal
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[1] Parimagine : Cette maison d'édition existe grâce au travail des associations "Soleil" et "La Photothèque des Jeunes Parisiens" qui collectent depuis plus de 10 ans les images du passé pour les sauvegarder. A ce jour, "La Photothèque" recèle plus de 20 000 documents que vous pouvez consulter sur place ou sur son site internet. Outre les livres de la collection "Mémoire des rues" (sur les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 11ème, 12ème, 13ème arrondissements), elle édite aussi des marque-pages et des cartes postales.
N'hésitez pas à apporter vos photos anciennes ou vos cartes postales d'autrefois pour les faire numériser gratuitement. Elles vous seront rendues immédiatement.
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La Photothèque des Jeunes Parisiens
9, rue de Mulhouse
75002 Paris
Tél. 01 45 08 11 97
Courriel : contacts@parimagine.com
Site Internet : www.parimagine.com
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dimanche, 31 juillet 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 3ème partie
Nous tournons ensuite dans la rue de la Folie Méricourt en passant par la rue du Mont-Louis pour rejoindre le carrefour Ménilmontant - Philippe Auguste - Charonne. En prenant à droite nous arrivons au boulevard de Charonne que nous continuons jusqu'à la station de métro Alexandre Dumas, auteur des Trois Mousquetaires entre autres. Cette station de la ligne 2, en pur style d'Hector Guimard dit moderne style, s'appelait primitivement Bagnolet ce qui était matière à confusion ; son nom a été changé en 1970.
Là, nous tournons à droite dans la rue de Charonne, après avoir longé la piscine, nous arrivons au 177 et à l'église du Bon Pasteur. En 1871, après la Commune, de nombreux ouvriers étant morts, emprisonnés ou bannis, les ébénistes du faubourg Saint Antoine font venir des ouvriers de Belgique.
L'évêché de Gand acquiert un terrain et y construit une église néo-gothique qui, pour le quartier, sera l'église des Flamands. En 1905 elle restera sa propriété mais en 1926, il en fera don à l'Eglise de Paris qui la remettra au Père Jean Anizan, fondateur des fils de la Charité. Celui-ci y sera enterré et sa congrégation y demeurera jusqu'en 1962. La nouvelle équipe de prêtres décide de raser les bâtiments vétustes et de construire en 1972-1973 un ensemble immobilier, oeuvre de l'architecte Bernard Casnin, comprenant l'église actuelle, des HLM pour les mal-logés du quartier, l'espace santé de Charonne et des locaux culturels : l'AGECA [1], association pour la gestion d'un centre d'animation culturelle, qui depuis 1974 est au service de la vie associative et de son développement.
Nous descendons à présent la rue de Charonne, traversons l'avenue Philippe Auguste.
L'immeuble du 159 se trouve à l'emplacement de la maison de santé du docteur Jacques Belhomme (1737-1824), qu'il ouvrit en 1769 pour soigner les aliénés [2]. Pendant la Révolution, il y hébergea quelques riches suspects mais ceux-ci devenant de plus en plus nombreux, il acheta l'Hôtel de Chabanais mitoyen et réunit les deux ; ainsi ceux qui pouvaient payer échappèrent à la guillotine. Cet établissement exista jusqu'au début des années 70, il reste quelques beaux arbres et au fond du jardin un petit pavillon du 18ème siècle. L'ensemble immobilier construit à partir de 1972 a pris le nom des Jardins de Colbert.
Ensuite nous sortons par la rue des Carrières Mainguet pour rejoindre la rue Léon Frot (1900-1942) qui porte le nom d'un conseiller municipal communiste. Il habitait au 53-55, il fut pris en otage le 15 novembre 1939 et fusillé par les Allemands le 13 janvier 1942. Au 42 de la rue se trouve le siège de l'association des vignerons de Paris dans le bar à vin sur la façade duquel court la vigne qui tous les débuts septembre donne lieu à une vendange et à une fête !
... à suivre...
© Yves Barnoux
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[1]AGECA : C'est une association incontournable dans notre arrondissement. Une série de reportage sur ses activités et son histoire est en cours et sera mise en ligne prochainement. L'AGECA est une association pour la gestion d'un centre d'animation culturelle depuis 1974. Elle est au service de la vie associative et de son développement. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'histoire de ce lieu, vous pouvez demander la plaquette réalisée pour l'anniversaire de ses 30 ans l'an passé.
[2] Jacques Belhomme : Il n'est pas le docteur que l'on croit mais un menuisier opportuniste qui, après avoir vu l'intérêt d'élever le fils simple d'esprit d'un noble des environs, décide d'ouvrir une pension spécialisée. Son commerce de la mort à l'époque de la Révolution lui vaudra tout de même d'être incarcéré à son tour dans une "pension", celle de Picpus, où se trouvait également Sade. Il n'échappera à une condamnation que grâce à la chute du régime de La Terreur.
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Lire la 1ère partie de la promenade.
Lire la 2ème partie de la promenade.
Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.
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Photo 1 : La station de métro Alexandre Dumas (29 juillet 2005).
Photo 2 : L'intérieur de l'église du Bon Pasteur (29 juillet 2005).
Photo 3 : Ce qui reste aujourdh'ui des bâtiments qui abritaient la clinique du Dr Belhomme.
08:55 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
mardi, 19 juillet 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 2ème partie
De l'autre côté de la rue de la Roquette, au 164-166, s'élèvent les immeubles où se dressait la Grande Roquette, construite en 1836 par l'architecte François Chrétien Gau, prison pour hommes condamnés à mort ou au bagne. C'est dans celle-ci que furent incarcérés l'archevêque de Paris, Monseigneur Georges Darboy, et cinq prêtres que la Commune voulait échanger contre Auguste Blanqui, mais après le refus des Versaillais, ils furent fusillés dans le chemin de ronde le 24 mai 1871. Cette prison fut détruite en 1900.
Au débouché de la rue de la Croix Faubin, on remarque cinq grandes dalles de granit rectangulaires qui servaient de soubassement à la guillotine, ce qui valut le nom d'"abbaye au cinq pierres" à cette prison. La macabre machine que les prisonniers appelaient "monte-à-regret" fonctionna à cet endroit de 1853 à 1899, les exécutions étaient publiques, elles avaient lieu au petit matin mais ça ne décourageait pas un public nombreux de s'y presser pour voir mourir quelques gens de grande renommée parmi lesquels les anarchistes Auguste Vaillant, Emile Henry, etc.
Toujours dans cette rue, un peu plus haut, au 151 on remarquera la plaque qui rappelle qu'Hubertine Auclerc, féministe, fondatrice de la société "Le Suffrage des femmes", habita cet immeuble de 1892 à 1914.
La rue Merlin porte le nom de Philippe-Auguste Merlin de Douai (1754-1838) jurisconsulte, qui collabora à la rédaction du Code pénal, il fut membre du Directoire.
Remontons la rue du Chemin Vert et prenons le boulevard de Ménilmontant, au 55 de ce boulevard se trouve Notre Dame du Perpétuel Secours, construite en 1896 en style néo-gothique sur l'emplacement de la petite chapelle Saint Hyppolite, cette église a été consacrée le 9 juin 1966 et élevée au rang de basilique le 25 juin de la même année par le pape Paul VI. Le boulevard a remplacé le mur des Fermiers Généraux constuit par Claude Nicolas Ledoux entre 1784 et 1787. Ce mur d'octroi qui permettait de faire payer des taxes aux marchandises qui entraient dans paris a tout de suite été très impopulaire, ce qui a fait dire que "le mur murant Paris rend Paris murmurant". Il isolait Paris des villages voisins qui furent annexés en 1860. Ledoux avait établi 55 propylées aux portes d'entrée ; il ne reste aujourd'hui que celles du Trône, place de la Nation, de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad, de Monceau, à l'entrée du parc, et d'Enfer, place Denfert-Rochereau.
Ensuite, redescendons vers la rue de la Roquette, là où elle débouche face à l'entrée principale du Père-Lachaise, à l'emplacement de la barrière de la Folie-Régault. N'oublions pas que la rue de la Roquette est la montée au Père-Lachaise depuis la Bastille et qu'elle fut empruntée par les cortèges qui ont accompagnés à leur dernière demeure des grands hommes plus ou moins illustres : Auguste Blanqui (1881), Jules Vallès (1885), Eugène Pottier (1887), Emile François Eudes (1888), Félix Pyat (1889), etc. Et plus près de nous des gens aussi différents que Pierre Goldman, Achille Zavatta (1993)...
Au 196, nous trouvons une cité artisanale joliment réhabilitée dans les années 80 qui a été constuite à l'emplacement d'un pensionnat, détruit en 1914. C'est chez la directrice de celui-ci, amie de ses parents, que logea de 1898 à 1901 lorsqu'il était élève du lycée Voltaire, le romancier Alain Fournier (1886-1914), auteur du grand Meaulnes, écrit en 1913.
... à suivre...
© Yves Barnoux
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Lire le premier épisode de la promenade.
Le plan de la promenade à copier et imprimer.
[Illustration : Guillotine de la Roquette en 1857 - Merci à Metaphor pour cette photographie]
12:05 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris
dimanche, 17 juillet 2005
Vie et histoire du XIème arrondissement
Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'un livre que je viens d'ajouter à la "Bibliothèque ParisZine" : "Vie et histoire du XIème arrondissement", un indispensable pour tout fan de l'arrondissement qui se respecte.
Eclectique sans être superficiel, cet ouvrage nous promène au fil des siècles des plaisirs de la Courtille aux bals de la rue de Lappe, ou nous invite à une traversée des faubourgs qui ont fait la réputation de nos rue gouailleuses : le faubourg Saint-Antoine, la fontaine de la Petite Halle à la place de la Nation, l'incontournable rue de la Roquette, la place de la Bastille (la Bastoche pour les intimes), le square Maurice Gardette... Une bien agréable façon de faire de l'histoire !
Marie Corceiro-Leal
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"Vie et histoire du XIème arrondissement"
Dominique Leborgne et Danièle Chadych
Editions Hervas
[Collection dirigée par Jean Colson assisté de Marie-Christine Bellanger]
(ISBN : 78 2 903118 27 2)
11:41 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Bastille-Popincourt , Quartier Belleville-StMaur , Quartier Blum-FolieRégnault , Quartier Nation-Dumas , Quartier Répub.-StAmbroise | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
vendredi, 08 juillet 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 1ère partie
A la découverte des lieux d'histoire et de mémoire de la Démocratie
Nous commencerons cette promenade en partant de la mairie du 11ème, par la place qui porte le nom de Léon Blum, dirigeant socialiste, homme politique français (1872-1950), anciennempent place Voltaire. Elle fut construite de 1860 à 1865 par Bailly. Le 6 avril 1871 la guilllotine fut brûlée au pied de la statue de Voltaire devant la mairie après que "le sous comité de 11ème arrondissement fit saisir ces instruments serviles de la domination monarchique et en vota la destruction pour toujours" (Journal Officiel du 10 avril). Il faudra attendre encore plus d'un siècle et l'arrivée de François Mitterrand comme Président de la République en 1981 pour que l'abolition de la peine de mort soit prononcée et que cet instrument de mort soit définitivement mis au musée.
Après l'incendie de l'Hôtel de Ville, le conseil de la Commune de Paris s'installe le 23 mai 1871 dans la mairie du 11ème ; il y résista jusqu'au 27, mais celle-ci était visée par les batteries versaillaises. Du 28 au 29, la répression est terrible.
La mairie sera une nouvelle fois occupée dès le 19 août 1944 par la Résistance, 2000 bouteilles incendiaires y seront fabriquées pour la libération de Paris. Laissons l'horrible bas relief dû à Marcello Tomasi évoquant la Liberté sur lequel sont représentés Vercingétorix, Jeanne d'Arc, une Marseillaise et Saint Georges, il fait l'unanimité de la population du quartier qui souhatie qu'il disparaisse au plus vite dans le cadre d'une restructuration de la place actuellement à l'étude.
A la pointe du terre-plein à gauche se dresse la statue de Léon Blum du sculpteur Philippe Garel, inaugurée le 1er juin 1991.
Nous remontons ensuite la rue de la Roquette qui porte le nom de la salade éponyme et rappelle les origines agricoles de cette partie du quartier où se succédait les jardins et les folies, résidences champêtres très appréciées des riches parisiens. A partir de 1636, les religieuses hospitalières y firent construire une vaste maison de convalescence pour profiter du bon air de la campagne et des hauteurs. Mais ce qui rendit tristement célèbre cette rue ce sont les deux prisons qui remplacèrent ce domaine de convalescence. A gauche en remontant se trouvait la Petite Roquette détruite en 1974 dont il reste le porche d'entrée qui ouvre sur un jardin qui a remplacé la prison construite en 1830 par Hippolyte Lebas d'abord pour les jeunes détenus puis pour les femmes. A gauche de cette entrée, une plaque rappelle que, de 1940 à 1944, 4000 résistantes y furent emprisonnées.
Le jardin, l'ensemble immobilier et l'équipement collectif Olympe de Gouges, qui porte le nom de la féministe guillotinée sous la Révolution, et se trouve en fond en sous-sol, n'existent que grâce à la mobilisation, au début des années 70, du "collectif des 30 organisations" qui regroupait les partis de gauche, les syndicats ouvriers et des associations, à côté duquel a fonctionné un atelier populaire d'urbanisme avec la participation des habitants du quartier, contre le projet de la municipalité de droite qui souhaitait construire des logements de standing dans ce quartier populaire.
... à suivre...
© Yves Barnoux
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Le plan de la promenade qui débute Place Léon Blum - Métro : Voltaire (Ligne 9)
Photo 1 : Mairie du 11ème par Nagram
Photo 2 : Porte de la Petite Roquette par Terre des Ecrivains
00:00 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Paris







