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mercredi, 24 août 2005
Au commencement n'était pas le 11ème - Episode 5
Si le rôle politique de Paris diminue durant la période carolingienne [1], son importance administrative demeure. Charlemagne n’y a probablement plus séjourné dès les premiers temps de son règne. Dès le IXème siècle et jusqu’à la première moitié du XIème, elle ne sera plus capitale du royaume. Orléans, Laon ou Compiègne remportent la préférence des monarques. Il n’empêche que la vie parisienne ne manque pas pour autant d’agitation comme vous pourrez en juger dans quelques lignes…
La plus ancienne trace de l’existence d’une rue parisienne remonte à 820. C’est la rue Saint-Germain. Le IXème siècle ne sera cependant pas marqué par l’urbanisation de Paris, ni sa modernisation. La longue nuit architecturale de l’époque est certainement due à l’instabilité politique. Les derniers mérovingiens s’étaient entretués pour le pouvoir, les premiers carolingiens doivent quant à eux combattrent les normands [2]. Le 20 mars 845 les bougres sont à nos portes et pillent la ville. Charles le Chauve [3] leur versera 7 000 livres d’argent pour obtenir leur départ. Sa générosité forcée n’est pas récompensée puisque les vikings reviennent traire la vache parisienne en 852, en 856 (en incendiant la ville au passage) et en 861. Charles paie toujours, de moins en moins, mais il paie et y laissera sa légitimité. Non contents des subsides qu’ils tirent du Roi, les normands prennent l’abbaye de Saint-Denis en 857 et pillent celle de Saint-Germain-des-Prés en 859.
Croyez-vous qu’on en ait fini avec eux ? Que nenni ! Ces vilains normands assiègent une fois de plus notre ville. Ils sont 40 000, arrivés sur 700 vaisseaux par les côtes de… Normandie (Tout s’explique ;-). C’était sans compter sur l’évêque Gozlin qui, bien inspiré avait fait renforcer murailles et ponts entre deux batailles. Grâce à lui, Paris fait preuve d’une résistance héroïque face aux assauts normands répétés (jusqu’en 889 tout de même !). L’ennemi finit par renoncer et notre bonne vieille ville de Paris en retire un prestige certain en ayant mis à mal la réputation d’invincibilité des guerriers vikings.
La rive gauche fut néanmoins entièrement détruite par les Normands en 885. Elle restera déserte un long moment tandis que la rive droite commencera petit à petit son essor. Des enceintes sont édifiées sur cette dernière pour protéger les paroisses de Saint-Gervais et Saint-Germain-l'Auxerrois. Pour situer le panorama, imaginez les murs protecteurs aux environs du Louvre et de la rue de Rivoli.
Les collégiens savent bien que le IXème siècle n’est pas seulement celui de l’invasion normande, c’est aussi celui de «l’invention de l’école», ce qui n’est pas tout à fait juste. Cependant il est vrai que la première école que l’on peut considérer comme publique a été ouverte à Paris par Rémi d’Auxerre vers 850 alors que jusqu’ici les écoles étaient ambulantes et suivaient le roi dans ses déplacements. Notons aussi que l’île de Notre-Dame est mentionnée pour la première fois en 867 (il s’agit de l’actuelle île Saint-Louis).
Après les sièges, relativement infructueux des normands, les assauts ennemis se calment. La maladie prend le relais, une épidémie [4] frappe la ville et décime la population en 945. Alors que le Xème siècle s’achève, la couronne échoit à la dynastie capétienne en 987 et Paris entre, fatiguée, dans l’époque des seigneuries ecclésiastiques et de la reconstruction des quartiers de la ville.
… à suivre…
© Marie Corceiro-Leal
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[1] La dynastie carolingienne : Elle commence avec Pépin le Bref, passe à Charles 1er dit Charlemagne, puis à Louis le Pieux. La succession est ensuite bien difficile et le royaume se scinde. Elle finit avec le règne de Louis V le fainéant qui ne règne qu’un an, de 986 à 987 et meurt d’un accident de chasse.
[2] Les normands : A l’époque, ce terme désigne les «Hommes du Nord», venus de Scandinavie. Après les raids sur Paris, nombre d’entre eux s’installeront en pays de Caux, en Cotentin et sur tout le littoral, le long des cours d'eau et de la Seine. Cette région devient le duché de Normandie au Xème siècle. La colonisation viking se fera ensuite sur plus d'un siècle.
[3] Charles le Chauve (823-877) : … N’était pas chauve. Les apparences sont souvent trompeuses, c’est bien connu. Cependant il y a bien une histoire de cheveux sous son surnom. Il a défié la tradition franque exigeant que le roi ait les cheveux longs en se faisant raser le crâne lors d'une cérémonie religieuse en signe de soumission à l'église. Il paie les normands de nombreuses fois pour qu’ils s’en aillent 845, 852, 856 et 861… Sans succès comme nous l’avons vu. Suite à ces affronts, il perdra toute légitimité.
[4] L’épidémie de 945 : Il s’agirait a priori de la maladie appelée le feu sacré ou le mal des ardents. Les contemporains qui en parlent la décrivent en des termes effrayants, les membres et le corps semblent se consumer de l’intérieur après que le malade ait été saisi d’un froid glacial. Elle est comparée à une sorte de gangrène spontanée ou d’érysipèle gangréneux qui frappe sans distinction les hommes et les femmes de tous âges.
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[ Lire l'épisode 1 : La Préhistoire ]
[ Lire l'épisode 2 : L'Antiquité ]
[ Lire l'épisode 3 : Le Haut-Empire et le Bas-Empire ]
[ Lire l’épisode 4 : Le Haut-Moyen âge – Les mérovingiens ]
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Illustration "Drakkars" : Merci au site Valholl
Portrait de Charles le Chauve : Musée National du Château et des Trianons de Versailles
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Tags : Paris, Histoire
09:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Paris
mardi, 23 août 2005
L'art dans la rue 02

La fresque de la Cité Prost, rue de Chanzy : "Paris Plage" vue par les graffeurs (et graffeuses) du 11ème arrondissement. [Erratum : Voir Edit plus bas]
---> Voir les artistes à l'oeuvre sur le blog de Jules
---> Lire (et voir les photos) de "L'art dans la rue 01" également consacré à la Cité Prost avant que ne commencent les travaux d'aménagement du futur jardin.
---> Lire l'article sur les aménagements prévus Cité Prost.
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[Edit du 25 août 05 : Merci à Gérard Lavalette qui nous précise plus bas dans un commentaire que les artistes que l'on voit à l'oeuvre sur le blog de Jules ne sont pas du 11ème, mais appartiennent à un collectif de Montreuil et de Bagnolet. ]
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Tags : Art de rue, Graff, Graffitis, Graffitis Art, Paris 11ème arrondissement, Paris
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dimanche, 21 août 2005
La parole est aux mains
Le 11ème arrondissement est riche d'une multitude d'artisans qui souvent se transmettent de génération en génération les techniques et les connaissances de leur art. Ils exercent, dans un passage, une cour ou au fond d'une impasse, un métier inattendu, insolite pour une époque comme la nôtre. Des merveilles sortent de leurs mains.
Ces artisans ont fait l'objet de nombreux articles, parus de 1977 à 1990 dans le journal Paris XI. Ce sont ces témoignages que les auteurs ont rassemblés dans ce livre. Ils constituent une mémoire de nos quartiers. Ils sont une richesse à partager avec les nouveaux habitants et un héritage qui doit rester vivant pour les générations futures.
"La parole est aux mains des artisans du XIème arrondissement" - Préface de Georges Coulonges - Editions Les amis du Journal Paris XI, collection Mémoire - ISBN : 2950819400 -
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[Ndlr : Il y a quelques semaines, il restait encore une petite centaine d'exemplaires de cet ouvrage disponible à l'Ageca 177, rue de Charonne 75011 Paris. Je ne crois pas que vous puissiez le trouver dans le commerce aujourd'hui. ]
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Tags : Artisans, Livres, Paris 11ème arrondissement, Paris
09:20 Publié dans Culture , Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
samedi, 20 août 2005
Au commencement n'était pas le 11ème - Episode 4
Paris à l’époque mérovingienne continue son développement économique grâce à ses réseaux routiers et fluviaux privilégiés. Voilà quelques décennies qu'on ne l'appelle plus Lutèce. L’île de la Cité reste un quartier favorisé tandis que s’étendent rapidement ceux des rives gauche et droite (surtout la rive gauche comme en témoigne la maquette ci-dessous). Entre 540 et 550 (voire 558), sur la rive gauche s’édifie la basilique Saint-Vincent qui deviendra Saint-Germain-des-Prés sous le règne de Childebert 1er [1].

La ville, si elle est épargnée par la guerre ne l’est pas par les catastrophes naturelles. En 582 (et/ou février 583 selon les sources), elle subit d’importantes inondations qui couvrent la rive droite depuis la Cité jusqu’à l’actuelle Gare de l’Est. Ces crues impressionnantes provoquent de nombreux naufrages. Puis en 585 c’est un incendie qui ravage presque tous les édifices de l’île de la Cité.
En dépit de l’instabilité politique - la descendance de Clovis se dispute le royaume - Paris échappe à la destruction. Caribert 1er, petit-fils de Clovis et Roi de Paris, garde Paris comme capitale au milieu de conflits sanglants, tandis que ses trois frères héritent d’Orléans, de Soissons et de Reims. Capitale, Paris restera jusqu’au VIIème siècle. Ce n’est qu’aux alentours de 650 que la cour royale deviendra itinérante et résidera, selon les goûts des rois et reines, dans différentes villae de la région parisienne. Le roi Clotaire II (584-629, roi des francs de 613 à 629), s’il considère toujours la ville comme étant la capitale politique du royaume, préfère séjourner à Clichy. Son fils, Dagobert 1er (602/605-638/639, roi des francs de 629 à 639 - voir illustration ci-contre) fera de même. Les historiens disent que la monarchie franque fit ce choix car elle désirait se régaler des produits de ses domaines. Le tropisme des français à la bonne chère remonte donc en des temps reculés !Avec la mort de Dagobert [2] commence l’époque dite des rois fainéants [3], souvent très jeunes et dont l’espérance de vie est très courte eu égard aux intrigues pour l’obtention du pouvoir. Ils sont surtout le jouet de l’aristocratie. Le déclin de la dynastie mérovingienne est en marche.
Soulignons au passage la mort de l’évêque Landry en 654 ou 656 (futur saint, l’heureux homme !) qui aurait été le fondateur de l’hôpital de l’Hôtel Dieu, le seul hôpital de Paris jusqu'à la Renaissance.
En 768, Pépin le Bref [4] s’éteint (le 24 septembre ? à Paris). Pépin, roi avec lequel s’ouvre la porte de l’époque carolingienne.
… à suivre…
© Marie Corceiro-Leal
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[1] Childebert 1er : Fils de Clovis 1er et de Clotilde, né vers 497 et mort en 558, fut Roi de Paris de 511 à 558 et roi d'Orléans à la mort de son frère Clodomir après avoir fait égorger deux de ses neveux pour s'emparer de l'héritage, titre qu'il finira par donner à son frère Clotaire 1er qui l’avait aidé à l’obtenir.
[2] Dagobert 1er : Dagobert, tout comme Clovis et Charlemagne est un roi retenu par l'histoire. Il règne à l'apogée de l'époque mérovingienne. Le bon roi Dagobert doit sûrement son surnom à sa générosité envers l'église. Les moines de Saint Denis ont beaucoup écrit à son sujet, et l'ont transformé en héros de légende. A l'inverse, la Révolution en fera un "bouffon" qui mit jadis sa culotte à l'envers et ne la remettait à l'endroit que sur les conseils de St Eloi, l'un de ses conseillers éclésiastiques.
[3] Rois fainéants : Une chronologie des rois fainéants, c'est-à-dire des 9 derniers rois mérovingiens sur le site de Jean-François Mangin.
[3] Pépin III, dit le Bref : Né en 715 en Belgique, mort le 24 septembre 768 à Paris. Il doit son surnom à sa petite taille, inversement proportionnelle à celle de son ambition puisqu'il s'est proclamé à la place de son souverain Childéric III à la tête du royaume après avoir pris soin de l'enfermer. Il est le premier roi de la dynastie carolingienne.
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[ Lire l'épisode 1 : La Préhistoire ]
[ Lire l'épisode 2 : L'Antiquité ]
[ Lire l'épisode 3 : Le Haut-Empire et le Bas-Empire ]
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Tags : Paris, Histoire
09:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Paris
mercredi, 17 août 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum - Folie Régnault - 5ème partie
Regagnons de nouveau la rue Léon Frot et passons devant le collège Alain Fournier (ci-contre) qui porte le nom de l’auteur du Grand Meaulnes dont nous avons déjà parlé en passant rue de la Roquette. Une plaque, à l’intérieur, rappelle que ce collège a été fondé grâce à une donation de la veuve de Ledru Rollin (1807-1874) [1].
Après avoir traversé la rue de la Roquette prendre la rue Servan, entrer dans le jardin et le traverser pour rejoindre la rue Merlin et descendre la rue Duranti. Au numéro 5 se trouve le conservatoire Charles Munch. A cet emplacement s’élevait le Dépôt Général du Crédit Municipal appelé aussi «Chez ma tante».
Dirigeons-nous maintenant vers l’avenue de la République en passant par la rue Servan et descendons la rue Saint Hubert. Le 3 est occupé par un «restaurant café librairie», La Passerelle. Les fondateurs racontent :
«Ce lieu a d’abord été un atelier de réparation de moulins et de machines à café. Le quartier a toujours été composé de petits ateliers. Avant notre reprise il y a 2 ans, c’était un café, ou plutôt un salon de thé, il s’appelait L’asile, ouvert vers 17 heures et ne proposant que quelques tartes sucrées et salées, plus quelques boissons. En fait c’est l’ancien propriétaire qui a créé le fond que vous avez sous les yeux, l’idée des canapés, lieu fait de bric et de broc. Nous avons créé la librairie, donné une unité de ton en mettant des tissus sur les canapés, mis des vraies tables pour dîner et surtout nous avons donné une identité à ce lieu. La Passerelle donne la possibilité le mardi et le mercredi soir, à des associations de pouvoir s’exprimer à travers des documentaires, des réunions-débats, etc. Le vendredi et le samedi soir, c’est plus le côté rentable de l’affaire, mais aussi convivial d’un café, d’une librairie et sans oublier les expos qui changent toutes les trois semaines… Et surtout nous, les fous qui croyons que la vie peut être différente grâce à des rapports humains normaux, à la gentillesse, la convivialité, l’entraide.»
Avant de quitter La Passerelle et la rue Saint Hubert, il faut dire que cette partie du 11ème était dédiée au travail du métal et à la mécanique de précision par opposition à la partie sud vers le faubourg Saint Antoine qui doit sa réputation au bois et aux meubles fabriqués par ses ébénistes, nous en reparlerons plus loin. Dans cette rue se trouvait par exemple jusque dans les années 60 la Fonderie Derdinger qui, entre autre, a réalisé toute la lustrerie de bronze de la cathédrale de Lisieux.
Prenons à présent la rue Saint Maur sur la gauche. C’était la rue qui menait de l’abbaye de Saint Maur des Fossés (94 Val de marne) à celle de Saint Denis (93 Seine St Denis). Aujourd’hui ce chemin suit dans Paris successivement et d’est en nord : rue de Picpus, rue des Boulets, rue Léon Frot, rue St Maur, rue Juliette Dodu, etc. Le 75 de la rue Saint Maur a été occupé par l’Atelier corporatif d’armes qui a été remis en route par une coopérative ouvrière après l’abandon par leur parton. L’un des coopérateurs, l’ouvrier mécanicien Augustin Avrial, élu du 11ème arrondissement, deviendra directeur de l’artillerie de la Commune (1871).
Prendre à droite la rue Lacharrière, qui porte le nom du Général Ladroit de la Charrière (1806-1870) mort à la bataille de Champigny. Nous arrivons au square Maurice Gardette qui occupe l’emplacement de l’ancien abattoir de Ménilmontant. Passons ensuite dans la rue du Général Guilhem, autre militaire, Victor Guilhem (1815-1870) a été tué à la bataille de Chevilly. Au 26 de la rue se trouve la maison où est né Monseigneur Maillet (1896-1963) fondateurs des Petits Chanteurs à la Croix de Bois.
… à suivre…
© Yves Barnoux
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[1] Ledru Rollin : On peut dire de lui, entre autres choses, qu'il fut avocat au barreau de Paris, il se signala par ses plaidoyers en faveur des journalistes républicains. Elu député du Mans en 1841, il siégea à l’extrême-gauche. Il publia en 1846 un manifeste dans lequel il réclamait le suffrage universel.
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Photo 1 : Portrait d'Alain Fournier (1905).
Photo 2 : Salle du premier étage du restaurant café La Passerelle.
Photo 3 : Angle des rues Saint Maur et Chemin Vert.
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Lire la 1ère partie de la promenade.
Lire la 2ème partie de la promenade.
Lire la 3ème partie de la promenade.
Lire la 4ème partie de la promenade.
Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.
09:10 Publié dans Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
mardi, 16 août 2005
Au commencement n'était pas le 11ème - Episode 3
Avec l'épisode 2 de votre saga de l'été, nous sommes entrés, un peu vite je vous l'accorde, dans la période gallo-romaine. Elle s'étend de la reddition de Vercingétorix et la conquête de la Gaule par César en -50 à l'accession au pouvoir de Clovis, roi des Francs en 481. Pendant ce temps, Lutèce quitte ses oripeaux d'oppidum gaulois, n'en déplaise à Astérix, pour devenir une ville romaine bâtie sur les ruines de la cité des Parisii ainsi que sur la rive gauche.

A l'époque du Haut-Empire [-50 à 250 de notre ère] Paris est une ville de moyenne importance dont la population est évaluée de 8 à 10 000 habitants pour les uns, à peine 5 000 pour d'autres, ces futurs parigots étant répartis sur une petite cinquantaine d'hectares (voir photo ci-dessus : maquette représentant Lutèce à l'époque du Haut-Empire - réalisation Laurent Renou).
Autour de 275, les envahisseurs pillent la ville. Les propriétaires enfouissent leurs (menus) trésors dans l'espoir de les déterrer après les raids... en cas de survie. Après tout, ce n'est pas plus incertain que la bourse... Alors que Lutèce entre dans le Bas-Empire [4ème et 5ème siècle], sa rive gauche est dévastée. La leçon porte ses fruits puisque la ville deviendra une ville close. Une première enceinte, limitée à l'île de la Cité, sera édifiée grâce aux blocs pris aux monuments ruinés par les barbares.
Il faut croire que Lutèce garde tout son charme néanmoins puisque le césar Julien [1], après y avoir séjourné aux alentours de 358, choisira la ville pour se faire proclamer empereur par ses troupes en 360.
Bondissons d'un peu plus d'un siècle et retrouvons Clovis [2]. Nous sommes en 486 alors qu'il négocie avec Sainte Geneviève [3] la soumission de Paris à son autorité... Après avoir pris soin de piller les environs bien entendu. Il choisira la cité pour en faire la capitale de son royaume en 508, essentiellement pour des raisons stratégiques. Ainsi, c'est en tant que capitale du Royaume des Francs que Paris fait son entrée dans le Haut-Moyen âge.
... à suivre...
Marie Corceiro-Leal
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[1] Julien : Flavius Claudius Julianus, dit l'Apostat, régna de 361 à 363 après avoir été préposé à la défense des Gaules en 355 par l'empereur en place, Constance. Revenu au "paganisme" de ses ancêtres, ce Julien que les Chrétiens appelèrent désormais "l'Apostat" rédigea plusieurs livres apologétiques à la gloire des vieux dieux ainsi que d'autres, polémiques, contre diverses sectes philosophiques et, naturellement, contre le christianisme.
[2] Clovis : Il n'a que 15 ans lorsqu'il accède au trône. Il sera Roi des francs de 481 à 511. Son couronnement donna naissance à la première dynastie de rois de France : les Mérovingiens.
[3] Ste Geneviève : Née à Nanterre en 423 et morte en 502 à Paris. Elle convainc les habitants de Lutèce de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Les rumeurs varient, cependant elles lui attribuent toutes la fuite d'Attila devant Lutèce, renoncement qu'elle aurait obtenu soit par la force de ses prières, soit par l'annonce mensongère d'une épidémie de choléra frappant la ville. Il est raisonnable de penser que les murailles qui entouraient le Paris de l'époque y soient pour quelque chose aussi ;-)
Elle sera inhumée en 502 au sommet de la montagnette qui porte toujours son nom aujourd'hui.
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[ Lire l'épisode 1 ]
[ Lire l'épisode 2 ]
00:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Paris
dimanche, 14 août 2005
Photographies du 11ème arrondissement
Merci à Cécile, une de nos lectrices, de nous avoir signalé le blog de Jules Lavie, un blogueur du 11ème qui mérite que l'on fasse un détour par chez lui. Le regard de Jules sur l'arrondissement est tendre et perspicace. Il ne manque pas de talent notre photographe local !
Ci-dessus, Jules flashe un 'tagueur' à l'oeuvre dans le futur jardin de la Cité Prost qui compte désormais une nouvelle fresque réussie et colorée. Vous pouvez aller la voir rue de Chanzy, elle se trouve à l'entrée du terrain vague, sur le premier mur de gauche depuis quelques semaines seulement. Vous trouverez d'autres prises de vue des artistes à l'oeuvre sur le blog de Jules qui semble avoir pour sa part, l'art d'être là au bon moment !
Je profite de l'occasion pour vous signaler que les préparatifs en vue des travaux d'aménagement de la Cité Prost ont commencé. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article paru le 14 mai 2005 dans ParisZine à ce sujet.
Bonnes visites :-)
Marie Corceiro-Leal
12:25 Publié dans Blogs du 11ème , Quartier Bastille-Popincourt , Quartier Blum-FolieRégnault , Quartier Nation-Dumas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
mardi, 09 août 2005
Economie d'énergie 04
Etre attentif à la gestion de la cuisson et la réfrigération, au lavage et au séchage du linge, à l'éclairage et aux appareils en veille dans notre appartement, c'est bien. Vraiment bien. Mais on peut faire encore mieux : Etre vigilant à notre consommation d'eau, ce pétrole translucide qui pourrait bien un jour valoir aussi cher que l'or noir...
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La suggestion du jour : Faire attention à l'eau !

Dans le 11ème arrondissement, nous avons la possibilité de nous informer sur de nombreux aspects de l'énergie en nous rendant à :
L'Espace Info Energie Environnement
Maison à la clé
19bis, rue de l'Orillon
75011 Paris
Tél. 01 47 00 56 46
08:45 Publié dans Vie pratique et citoyenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
lundi, 08 août 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 4ème partie
Nous empruntons à présent la cité Phalsbourg, toute nouvelle avec son petit jardin et prenons sur quelques dizaines de mètres le boulevard Voltaire pour rejoindre la rue de Charonne, au niveau du métro Charonne. Là vous pouvez descendre dans le métro, devant le guichet sur le pilier se trouve la plaque qui rappelle le 8 février 1962 [1]. Après les attentats de l’O.A.S. [2], les partis de l’opposition de gauche, les syndicats ouvriers (à l’exception de FO, des associations, etc.) appellent à des manifestions qui convergent vers la place de la Nation. La charge des policiers au moment de la dislocation est extrêmement brutale et inattendue, sous les matraquages sauvages les manifestants tentent de fuir, certains tombent dans les escaliers du métro, d’autres y basculent, s’y étouffent, tandis que la police jette sur eux les grilles d’arbres en fonte. Il y aura neuf tués qui seront enterrés au Père Lachaise lors d’une manifestation monstre.
Par la sortie du métro qui donne vers la rue Jules Vallès, continuons ensuite à descendre la rue de Charonne. Aux numéros 95 à 99 se trouvait le couvent de Notre Dame de Bon Secours, prieuré des bénédictines de 1648 à 1790 ; il fut occupé en 1802 par la première filature de coton installée en France par Richard et Lenoir. Richard mourût pauvre en 1839, ses anciens ouvriers voulurent que son convoi passe dans la rue de Charonne et s’arrête devant les ateliers fermés.
En face, au numéro 100 s’élevait le prieuré de la Madeleine de Traisnel. Il avait été fondé en 1654 pour des religieuses bénédictines, il fut détruit en partie en 1857 lors du percement du boulevard, des artisans transformèrent les bâtiments restant en ateliers.
Aux numéros 94 à 98 avait été créé, en 1641, le couvent des dominicaines des filles de la Croix qui eu pour prieure Catherine de Cyrano, tante de Cyrano de Bergerac. Les religieuses furent expulsées en 1792, elles le réintégrèrent en 1825 mais de nouveau en furent chassées en 1904. Le couvent détruit en 1906 a été remplacé par un hôtel populaire construit en 1912 et acheté en 1926 par l’Armée du Salut qui après transformation en fit le «Palais de la Femme» [3].
Juste en face de ce bâtiment, prenons à présent la rue Richard Lenoir et rejoignons la rue Gobert et la rue Japy jusqu’au gymnase Japy. Ce gymnase n’est pas seulement un lieu de compétitions sportives, il a été aussi un haut lieu ouvrier et politique. En décembre 1899, au moment de l’affaire Dreyfus s’y tient un congrès général des organisations socialistes pour tenter de les unifier, c’est à cette occasion que l’Internationale y devint l’hymne du mouvement ouvrier français, écrite par Eugène Potter sous la Commune et mise en musique par Pierre De Geyter en 1888. Dans ce lieu se tint, en avril 1920, le 3ème congrès de la Fédération des Chemins de Fer qui permis, à l’occasion du 1er mai suivant, l’appel à la grève générale illimitée pour imposer la nationalisation des chemins de fer.
C’est aussi dans ce gymnase que Marcel Cachin, dirigeant communiste, déclara le 7 mars 1925 : «Il ne faut pas que la femme subisse deux patrons : son employeur et son mari». [Ndlr : Clap ! Clap ! Clap ! ;-)]
C’est également un lieu de mémoire car le 14 mai 1941 des milliers de juifs de l’Est de Paris y ont été parqués avant d’être envoyés dans les camps de concentration dont beaucoup ne reviendront pas.
... à suivre...
© Yves Barnoux
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[1] La manifestation du 8 février 1962 : A l'appel du PSU et du PC, une manifestation pour la paix en Algérie et contre l'OAS est organisée à Paris autour de la place de la Bastille et de la place de la République. Prévue depuis une semaine, le rassemblement est interdit par le préfet de Police, Maurice Papon. Outre les 9 morts (dont un adolescent de 15 ans), on dénombrera des centaines de blessés.
Sur le site de L'Humanité, deux témoins racontent...
[2] L'O.A.S. : Quatre généraux à la retraite (Challe, Zeller, Jouhaud et Salan) et quelques colonels prennent le pouvoir à Alger en 1961 afin de s'opposer à l'émancipation de l'Algérie. Ils ne parviennent cependant pas à rallier l'armée d'Algérie. Le président de Gaulle interdit à tous français d'exécuter leurs ordres. Les généraux seront arrêtés et les partisans acharnés de l'Algérie française entreront dans l'OAS (Organisation de l'armée secrète) qui cessera d'exister avant l'indépendance algérienne en 1962.
[3] Le Palais de la Femme : Ce lieu est destiné à l'accueil des jeunes filles et femmes seules et vise à leur offrir un lieu sûr. Ses 630 chambres ont cependant bien vieilli et des travaux de réhabilitation devrait être en cours actuellement pour permettre d'en augmenter le confort.
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Photo 1 : Détail d'un texte peint sur un trottoir parisien.
Photo 2 : Vue intérieure des immeubles sis Cité du couvent rue de Charonne.
Photo 3 : Détail Palais de la Femme (Juin 2005).
Photo 4 : Le Gymnase Japy (Mai 2005).
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Lire la 1ère partie de la promenade.
Lire la 2ème partie de la promenade.
Lire la 3ème partie de la promenade.
Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.
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09:10 Publié dans Culture , Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème
dimanche, 07 août 2005
Mémoire des rues du 11ème arrondissement
Les éditions Parimagine [1] ont agrandi ce printemps leur collection "Mémoire des rues" avec ce volume consacré au 11ème arrondissement. Au fil des pages et des quartiers, pas de palais, de monuments prestigieux ou de bâtiments grandioses, notre 11ème n'était encore qu'une belle campagne au-delà des fossés de la Bastille au XVIIIème siècle ! Les reproductions d'instantanés de la rue ou de cartes postales des années 1900 à 1940 se mêlent, montrent nos boulevards, nos cités, nos rues, souvent reconnaissables et pourtant si différents...
Ce livre vaut essentiellement pour ses images vous l'aurez compris. Très peu de textes en dehors des légendes au-dessous des photographies. Un livre que l'on s'offre pour le plaisir des yeux et de la nostalgie.
L'auteur, Hélène Pouppeville, a toujours vécu Faubourg Saint-Antoine. Elle a choisi de nous faire partager son attachement au 11ème arrondissement, et c'est réussi.
Marie Corceiro-Leal
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[1] Parimagine : Cette maison d'édition existe grâce au travail des associations "Soleil" et "La Photothèque des Jeunes Parisiens" qui collectent depuis plus de 10 ans les images du passé pour les sauvegarder. A ce jour, "La Photothèque" recèle plus de 20 000 documents que vous pouvez consulter sur place ou sur son site internet. Outre les livres de la collection "Mémoire des rues" (sur les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 11ème, 12ème, 13ème arrondissements), elle édite aussi des marque-pages et des cartes postales.
N'hésitez pas à apporter vos photos anciennes ou vos cartes postales d'autrefois pour les faire numériser gratuitement. Elles vous seront rendues immédiatement.
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La Photothèque des Jeunes Parisiens
9, rue de Mulhouse
75002 Paris
Tél. 01 45 08 11 97
Courriel : contacts@parimagine.com
Site Internet : www.parimagine.com
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