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lundi, 08 août 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 4ème partie
Nous empruntons à présent la cité Phalsbourg, toute nouvelle avec son petit jardin et prenons sur quelques dizaines de mètres le boulevard Voltaire pour rejoindre la rue de Charonne, au niveau du métro Charonne. Là vous pouvez descendre dans le métro, devant le guichet sur le pilier se trouve la plaque qui rappelle le 8 février 1962 [1]. Après les attentats de l’O.A.S. [2], les partis de l’opposition de gauche, les syndicats ouvriers (à l’exception de FO, des associations, etc.) appellent à des manifestions qui convergent vers la place de la Nation. La charge des policiers au moment de la dislocation est extrêmement brutale et inattendue, sous les matraquages sauvages les manifestants tentent de fuir, certains tombent dans les escaliers du métro, d’autres y basculent, s’y étouffent, tandis que la police jette sur eux les grilles d’arbres en fonte. Il y aura neuf tués qui seront enterrés au Père Lachaise lors d’une manifestation monstre.
Par la sortie du métro qui donne vers la rue Jules Vallès, continuons ensuite à descendre la rue de Charonne. Aux numéros 95 à 99 se trouvait le couvent de Notre Dame de Bon Secours, prieuré des bénédictines de 1648 à 1790 ; il fut occupé en 1802 par la première filature de coton installée en France par Richard et Lenoir. Richard mourût pauvre en 1839, ses anciens ouvriers voulurent que son convoi passe dans la rue de Charonne et s’arrête devant les ateliers fermés.
En face, au numéro 100 s’élevait le prieuré de la Madeleine de Traisnel. Il avait été fondé en 1654 pour des religieuses bénédictines, il fut détruit en partie en 1857 lors du percement du boulevard, des artisans transformèrent les bâtiments restant en ateliers.
Aux numéros 94 à 98 avait été créé, en 1641, le couvent des dominicaines des filles de la Croix qui eu pour prieure Catherine de Cyrano, tante de Cyrano de Bergerac. Les religieuses furent expulsées en 1792, elles le réintégrèrent en 1825 mais de nouveau en furent chassées en 1904. Le couvent détruit en 1906 a été remplacé par un hôtel populaire construit en 1912 et acheté en 1926 par l’Armée du Salut qui après transformation en fit le «Palais de la Femme» [3].
Juste en face de ce bâtiment, prenons à présent la rue Richard Lenoir et rejoignons la rue Gobert et la rue Japy jusqu’au gymnase Japy. Ce gymnase n’est pas seulement un lieu de compétitions sportives, il a été aussi un haut lieu ouvrier et politique. En décembre 1899, au moment de l’affaire Dreyfus s’y tient un congrès général des organisations socialistes pour tenter de les unifier, c’est à cette occasion que l’Internationale y devint l’hymne du mouvement ouvrier français, écrite par Eugène Potter sous la Commune et mise en musique par Pierre De Geyter en 1888. Dans ce lieu se tint, en avril 1920, le 3ème congrès de la Fédération des Chemins de Fer qui permis, à l’occasion du 1er mai suivant, l’appel à la grève générale illimitée pour imposer la nationalisation des chemins de fer.
C’est aussi dans ce gymnase que Marcel Cachin, dirigeant communiste, déclara le 7 mars 1925 : «Il ne faut pas que la femme subisse deux patrons : son employeur et son mari». [Ndlr : Clap ! Clap ! Clap ! ;-)]
C’est également un lieu de mémoire car le 14 mai 1941 des milliers de juifs de l’Est de Paris y ont été parqués avant d’être envoyés dans les camps de concentration dont beaucoup ne reviendront pas.
... à suivre...
© Yves Barnoux
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[1] La manifestation du 8 février 1962 : A l'appel du PSU et du PC, une manifestation pour la paix en Algérie et contre l'OAS est organisée à Paris autour de la place de la Bastille et de la place de la République. Prévue depuis une semaine, le rassemblement est interdit par le préfet de Police, Maurice Papon. Outre les 9 morts (dont un adolescent de 15 ans), on dénombrera des centaines de blessés.
Sur le site de L'Humanité, deux témoins racontent...
[2] L'O.A.S. : Quatre généraux à la retraite (Challe, Zeller, Jouhaud et Salan) et quelques colonels prennent le pouvoir à Alger en 1961 afin de s'opposer à l'émancipation de l'Algérie. Ils ne parviennent cependant pas à rallier l'armée d'Algérie. Le président de Gaulle interdit à tous français d'exécuter leurs ordres. Les généraux seront arrêtés et les partisans acharnés de l'Algérie française entreront dans l'OAS (Organisation de l'armée secrète) qui cessera d'exister avant l'indépendance algérienne en 1962.
[3] Le Palais de la Femme : Ce lieu est destiné à l'accueil des jeunes filles et femmes seules et vise à leur offrir un lieu sûr. Ses 630 chambres ont cependant bien vieilli et des travaux de réhabilitation devrait être en cours actuellement pour permettre d'en augmenter le confort.
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Photo 1 : Détail d'un texte peint sur un trottoir parisien.
Photo 2 : Vue intérieure des immeubles sis Cité du couvent rue de Charonne.
Photo 3 : Détail Palais de la Femme (Juin 2005).
Photo 4 : Le Gymnase Japy (Mai 2005).
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Lire la 1ère partie de la promenade.
Lire la 2ème partie de la promenade.
Lire la 3ème partie de la promenade.
Voir le plan de la promenade que vous pouvez copier puis imprimer si vous le souhaitez.
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09:10 Publié dans Culture, Histoire, Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris 11ème






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