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mardi, 19 juillet 2005
Promenade dans le quartier Léon Blum-Folie Régnault - 2ème partie
De l'autre côté de la rue de la Roquette, au 164-166, s'élèvent les immeubles où se dressait la Grande Roquette, construite en 1836 par l'architecte François Chrétien Gau, prison pour hommes condamnés à mort ou au bagne. C'est dans celle-ci que furent incarcérés l'archevêque de Paris, Monseigneur Georges Darboy, et cinq prêtres que la Commune voulait échanger contre Auguste Blanqui, mais après le refus des Versaillais, ils furent fusillés dans le chemin de ronde le 24 mai 1871. Cette prison fut détruite en 1900.
Au débouché de la rue de la Croix Faubin, on remarque cinq grandes dalles de granit rectangulaires qui servaient de soubassement à la guillotine, ce qui valut le nom d'"abbaye au cinq pierres" à cette prison. La macabre machine que les prisonniers appelaient "monte-à-regret" fonctionna à cet endroit de 1853 à 1899, les exécutions étaient publiques, elles avaient lieu au petit matin mais ça ne décourageait pas un public nombreux de s'y presser pour voir mourir quelques gens de grande renommée parmi lesquels les anarchistes Auguste Vaillant, Emile Henry, etc.
Toujours dans cette rue, un peu plus haut, au 151 on remarquera la plaque qui rappelle qu'Hubertine Auclerc, féministe, fondatrice de la société "Le Suffrage des femmes", habita cet immeuble de 1892 à 1914.
La rue Merlin porte le nom de Philippe-Auguste Merlin de Douai (1754-1838) jurisconsulte, qui collabora à la rédaction du Code pénal, il fut membre du Directoire.
Remontons la rue du Chemin Vert et prenons le boulevard de Ménilmontant, au 55 de ce boulevard se trouve Notre Dame du Perpétuel Secours, construite en 1896 en style néo-gothique sur l'emplacement de la petite chapelle Saint Hyppolite, cette église a été consacrée le 9 juin 1966 et élevée au rang de basilique le 25 juin de la même année par le pape Paul VI. Le boulevard a remplacé le mur des Fermiers Généraux constuit par Claude Nicolas Ledoux entre 1784 et 1787. Ce mur d'octroi qui permettait de faire payer des taxes aux marchandises qui entraient dans paris a tout de suite été très impopulaire, ce qui a fait dire que "le mur murant Paris rend Paris murmurant". Il isolait Paris des villages voisins qui furent annexés en 1860. Ledoux avait établi 55 propylées aux portes d'entrée ; il ne reste aujourd'hui que celles du Trône, place de la Nation, de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad, de Monceau, à l'entrée du parc, et d'Enfer, place Denfert-Rochereau.
Ensuite, redescendons vers la rue de la Roquette, là où elle débouche face à l'entrée principale du Père-Lachaise, à l'emplacement de la barrière de la Folie-Régault. N'oublions pas que la rue de la Roquette est la montée au Père-Lachaise depuis la Bastille et qu'elle fut empruntée par les cortèges qui ont accompagnés à leur dernière demeure des grands hommes plus ou moins illustres : Auguste Blanqui (1881), Jules Vallès (1885), Eugène Pottier (1887), Emile François Eudes (1888), Félix Pyat (1889), etc. Et plus près de nous des gens aussi différents que Pierre Goldman, Achille Zavatta (1993)...
Au 196, nous trouvons une cité artisanale joliment réhabilitée dans les années 80 qui a été constuite à l'emplacement d'un pensionnat, détruit en 1914. C'est chez la directrice de celui-ci, amie de ses parents, que logea de 1898 à 1901 lorsqu'il était élève du lycée Voltaire, le romancier Alain Fournier (1886-1914), auteur du grand Meaulnes, écrit en 1913.
... à suivre...
© Yves Barnoux
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Lire le premier épisode de la promenade.
Le plan de la promenade à copier et imprimer.
[Illustration : Guillotine de la Roquette en 1857 - Merci à Metaphor pour cette photographie]
12:05 Publié dans Culture, Histoire, Quartier Blum-FolieRégnault | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris






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