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mardi, 28 juin 2005
Hubertine Auclerc, figure du féminisme de notre quartier

C’est dans l’engagement des femmes durant la Commune, leurs revendications et leurs succès qu’Hubertine Auclerc trouve son inspiration. Dès le 4 septembre 1870, une manifestation, avec à sa tête Louise Michel, réclamait des armes pour défendre Paris contre les Prussiens, elles obtiennent la responsabilité des ambulances, elles s’organisent en comités, qui se multiplieront durant la Commune. Au cours des semaines historiques, elles obtiendront l’égalité des salaires, l’éducation pour les filles, leur formation professionnelle, l’organisation d’ateliers coopératifs, recrutant les sans-emploi, la reconnaissance du divorce, le droit à la pension de réversion pour les concubines, le droit à l’héritage des enfants illégitimes… Après la Semaine Sanglante et la répression terrible qui s’en suivit, la chape de plomb retomba, annihila toutes ces avances sociales et le combat des femmes dû reprendre.
Dès 1879, le Congrès ouvrier socialiste de Marseille, entraîné par Hubertine Auclerc, vote une belle résolution en faveur des femmes : à production égale, salaire égal. Mais laissons-lui la parole :
« Sachez-le citoyens, ce n’est que sur l’égalité de tous les êtres que vous pouvez vous appuyer pour être fondés à réclamer votre avènement à la liberté… Nous, femmes, ce que nous voulons, c’est tuer le privilège… Toutes les femmes sont dupes dans l’association humaine… La question des femmes est le nœud gordien qui, une fois tranché, permettra de résoudre la question sociale… »
Dès 1880, elle se bat pour la parité. Hubertine Auclerc est la première femme à s’autoproclamer féministe, en 1882. Elle incarne le suffragisme français. Elle crée le journal « La Citoyenne » (1881-1891) et le groupe Le Suffrage des femmes en 1883. Elle se retrouve en prison pour avoir refusé de payer ses impôts, invoquant que « puisqu’une femme n’a pas de droit, elle n’a pas de devoir. » Par toutes sortes de moyens (pétitions, manifestations, diffusion d’objets publicitaires), elle contribue à rendre publique la question du droit de vote des femmes et à lui donner une forme institutionnelle. Il faudra attendre juin 1945 pour que les femmes obtiennent le droit de vote…
Anticipant les travaux d’Hélène Cixous, elle réclame, dans Le Radical en 1898, la féminisation du langage : « N’est-ce pas à force de prononcer certains mots, qu’on finit par en accepter le sens qui tout d’abord heurtait ? ».
Hubertine Auclerc habitait rue de la Roquette, à l’angle de l’actuelle rue Merlin. Une plaque rend hommage à son combat. Comme son discours est encore d’actualité !
© Jean-Yves Katz
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Photo : "Détail de la tombe d'Hubertine Auclerc" (1848-1914)
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NDLR : Cet article est extrait du premier numéro de "Cap Quartiers", le journal Inter-Conseils de Quartier sorti le 17 juin dernier. "Cap Quartiers" est le fruit du travail bénévole de plusieurs habitants du 11ème arrondissement impliqués dans la vie de leurs quartiers respectifs. Pour lui donner un plus large lectorat, ParisZine, en accord avec les acteurs de ce projet, mettra en ligne des extraits de ce journal papier édité à 20 000 exemplaires.
00:00 Publié dans Histoire , Quartier Blum-FolieRégnault , Vie pratique et citoyenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Démocratie





